Le président de Nexity craint qu’une réforme des plus values immobilières ne provoque à terme une hausse des prix des logements.
La taxation des plus values va-t-elle provoquer des effets pervers, comme des hausses des prix des terrains ? C’est en tout cas ce que pense Alain Dinin, président de Nexity, qui s’exprimait vendredi dans le 12-15 de BFM Business. Le président de l’un des principaux groupes immobiliers cotés craint en effet une raréfaction du foncier : « comme on sait que pour produire des logements, il faut des terrains, que ces terrains sont chers, aujourd’hui les propriétaires immobiliers avec lesquels nous négocions chez Nexity, (…) qui n’ont pas signé avant l’été nous disent ‘je vais augmenter le prix’ ou ‘je ne vends pas’ » indique-t-il.
Il craint ainsi un impact négatif pour l’investissement locatif : « les gens qui avaient acheté en patrimoine pour louer, ou qui avaient acheté des résidences étudiantes, et qui envisageaient de les vendre parce que les avantages fiscaux étaient terminés, qui envisageaient même de réinvestir dans le neuf et dans la production de logements, aujourd’hui se disent ‘on ne va pas vendre : on va donc avoir au-delà du foncier, sur l’immobilier de résidence principale une contraction du marché et une baisse du nombre de ventes, ce qui va encore accentuer la problématique de la pénurie de logements et de prix » pense-t-il
Des mesures contre-productives
Pour le président de Nexity, les mesures pourraient même être contreproductives en matière fiscale : « Tel que le gouvernement a posé aujourd’hui les réductions des niches fiscales sur les sujets du logements, les producteurs de logements neufs vont mécaniquement réduire leur production, déjà de 20000 logements en 2011, et probablement de 20000 logements en 2012 (…). Cela va empêcher l’Etat d’encaisser les recettes de TVA et de droits sur ces logements qui ne seront pas construits. Cela fabriquera aussi du chômage supplémentaire puisqu’un logement pas construit, c’est deux emplois qu’on supprime » argue Alain Dinin, qui craint en outre que les recettes escomptées ne soient pas au rendez-vous.
« Quand on fait l’addition des deux, on économise sur le Scellier et le Censi Bouvard environ un milliard d’euros de niches fiscales, mais on perd plus de deux milliards de recettes de TVA, et encore je ne compte pas le chômage » calcule-t-il. Les parlementaires, en tout cas, semblent l’avoir en partie entendu de ce point de vue, les députés faisant le pressing pour qu’un abattement de moindre importance soit rétabli.
Alain Dinin s’attaque en revanche au Prêt à taux zéro plus (PTZ+). Le président verrait en effet d’un bon œil que celui-ci soit conditionné aux ressources. Car selon lui, le PTZ+ en vigueur depuis le début de l’année « a profité majoritairement aux gens qui avaient plus de 50.000 euros de revenus annuels, c'est-à-dire les classes moyennes supérieures, et a fait diminué la part des primo-accédants dans les classes moyennes inférieures. Recentrons-le sur les populations et les zones qui en ont besoin » plaide-t-il. La piste pourrait d’ailleurs être rapidement réactivée, au vu des débats intenses entre gouvernement et parlementaires sur la question du financement d’un éventuel assouplissement du projet Fillon sur les plus-values immobilières.
