Delphine Leleu, responsable de l’agence immobilière Orpi de Monplaisir, observe une tendance au ralentissement des transactions dans le huitième arrondissement de Lyon.
Percevez-vous un ralentissement des transactions depuis début 2011 ?
Oui. On a un ralentissement des transactions. On a beaucoup moins de produits à présenter, et les prix sont relativement élevés. Depuis 2 mois, on a de moins en moins d’acheteurs qui sont prêt à se positionner aux prix proposés. Le huitième arrondissement est en cela particulier qu’il est composé d’un cœur de secteur, Monplaisir, qui est très demandé, où les prix au mètre carré sont très élevés, et le reste du huitième arrondissement – Etats-Unis, Moulin à Vent – qui ont moins de cote immobilière. On a eu une augmentation des prix qui a été assez fulgurante au cours de l’année dernière : on faisait des transactions très rapidement, avec des acquisitions en première ou deuxième visite. Désormais, il y a un ralentissement de la demande de la part des acquéreurs, qui ne souhaitent plus payer des prix exorbitants pour habiter Monplaisir.
Sur le huitième hors Monplaisir, on est sur une dynamique plus forte?
C’est un peu plus dynamique qu’à une certaine période en termes de transaction, mais je note quand même un ralentissement.
Ce ralentissement général dans le huitième est-il dû aux conditions de financement moins accommodantes depuis le début de l’année ?
Certainement. Ce ralentissement n’est pas dû uniquement au prix trop élevés, mais aussi aux montages de dossiers de prêt immobiliers. Dès que les banques durcissent un peu leurs conditions, on le ressent immédiatement en termes de transactions immobilières. L’augmentation des taux, si elle est minime, est constante. J’avais ainsi des acheteurs qui étaient finançables 6 mois en arrière et qui ne le sont plus aujourd’hui.
Quels sont les prix sur le huitième arrondissement?
Un T3 avec stationnement en étage se négociera 260.000 euros minimum, pour une surface de 70 m2. Ça peut monter jusqu’à 300.000 euros. Pour le même type de bien à Moulin à vent, vous êtes sur du 210.000-220.000 euros maximum. Pour Grange Blanche, on sera plus sur du 240.000 – 250.000 euros.
Le PTZ+ a-t-il aidé certains ménages ?
Oui, les primo-accédants. Mais comme il est lié au diagnostic de performance énergétique, cela limite le nombre de biens qu’ils peuvent acquérir. Certains clients m’ont récemment téléphoné et m’ont indiqué que, suite au rendez vous bancaire, il fallait qu’ils soient dans la catégorie D au maximum. Ça joue entre 15000 et 18000 euros.
Est-ce que ça a tendance à se retrouver dans les prix en gonflant les prix des biens au dessus de D?
Non.
Alors cela joue sur les appartements dont la catégorie est inférieure à D?
Oui, ça joue effectivement sur les biens qui sont en dessous du D, et là les propriétaires ne peuvent rien faire… Ceci a aussi pour effet de diminuer l’éventail des produits proposés aux primo-accédants.
Sur le marché de Monplaisir, il y a très peu de primo-accédants donc très peu de PTZ+…
Si, il y en a un peu, mais sur des petites surfaces.
L’Université Lyon 3 est située sur le huitième arrondissement. Le marché des studios universitaires est-il dynamique ?
Oui, très. On est en totale pénurie sur ce type de biens. On rentre un T1/T2, on le vend quasiment immédiatement. Beaucoup de parents achètent pour leurs enfants étudiants. L’investisseur pour sa part voudra être proche de la ligne D, proche des facs et des hôpitaux.
Quels sont les secteurs les plus demandés dans le huitième arrondissement ?
Monplaisir et Grange Blanche… Monplaisir s’apparente au troisième Sans-souci : c’est la même demande, que soit du côté du cours Albert Thomas ou côté Avenue des Frères Lumière. On a la même typologie de clientèle. C’est plus de la résidence principale qui est demandée en T3/T4. Grange Blanche est un secteur qui est très demandé car bien desservi et proche des hôpitaux. Les secteurs les moins demandés sont à l’inverse les secteurs Etats-Unis ou Mermoz Pinel.

Le ralentissement des transactions est le signe annonciateur d’une baisse des prix.