L’écart de rémunération atteignait un record entre les taux allemands et français. Mais cette tendance était aussi vraie aux Pays Bas et en Autriche. François Baroin fait, à mot couvert, un appel du pied à la BCE pour une action sur le marché.
Les taux de l’OAT ont connu une nouvelle séance de forte hausse hier, consécutivement aux dégagements opérés sur l’ensemble des dettes européennes, excepté l’Allemagne et la Grande Bretagne.
Les taux français à 10 ans ont en effet progressé de pas moins de 26 points de base sur la seule journée d’hier, dans un fort mouvement de dégagement opéré par les investisseurs obligataires sur la dette européenne. L’écart de taux s’élevait ainsi, en séance, à 191 points de base au zénith. Autre indicateur de vive tension sur les marchés : les CDS sur la France progressaient de 9% et atteignaient un nouveau plus haut à 233 points.
Les dettes autrichiennes, hollandaises et finlandaises dans le viseur
Alors que les taux du Bund stagnaient à 1.78%, les dettes autrichiennes, belges et hollandaises étaient également attaquées. Les taux autrichiens progressaient de 20 points de base sur la séance, et finissait à 3.62%. La dette du pays également notée « AAA », évoluait sous les 3% il y a cinq séances. De la même façon, la dette des Pays-Bas progressait de 2.32% à 2.41% hier, creusant l’écart de taux avec l’Allemagne. Même la dette finlandaise notée « AAA » subissait des dégagements, les taux progressant de 12 points de base à 2.50%, contre 2.38% la veille.
Ce matin, François Baroin, dans une interview au quotidien « Les Echos », faisait , à mot couvert, un appel du pied à la BCE pour agir. « Nous continuons de considérer que la BCE est une réponse et probablement même un élément important de la réponse à cette crise ». « Dans le communiqué de l'accord du 27 octobre, la BCE a pris l'engagement de jouer complètement son rôle pour garantir la stabilité de la zone euro. Nous lui faisons confiance » a indiqué François Baroin. Or l’Allemagne s’est toujours montrée opposée à toute forme de monétisation de la dette. Reste que sa position parait de moins en moins tenable, les dernières augmentations de taux l’isolant, de facto, un peu plus en zone euro.
