L’écart de rémunération entre obligations françaises et allemandes s’est nettement réduit, consécutivement à deux émissions réussies en France et en Espagne.
L’action des banques centrales mercredi a joué en faveur d’une nette détente sur le marché obligataire européen. Hier, les taux espagnols, français et italiens ont baissé massivement, réduisant nettement l’écart entre eux et les taux allemands.
Les taux de l’OAT terminaient la séance à 3.10%, contre 3.39% la veille, tandis que les taux allemands reculaient à 2.17%, contre 2.28% mercredi. L’écart de rémunération revenait ainsi à 93 points de base. Par ailleurs, les CDS français retombaient, eux, sous les 200 points, à 192 points.
Sur le front des pays du sud, l’Espagne tirait parti d’une bonne émissions de bons du trésor. Les taux des obligations à 10 ans ont ainsi reculé de 51 points de base, à 5,66 %. Le pays a levé 3,75 milliards d'euros d'obligations à 3, 4 et 5 ans, avec une demande très forte : celle-ci a atteint pas moins de 10,25 milliards d'euros.
« Une normalisation salutaire »
« Il s’agit là d’une normalisation salutaire, qui voit l’emprunt français traité à un coût probablement plus rationnel, en dépit de la pression des agences de notation sur le triple AAA français. En effet, en toute logique les fondamentaux français n’apparaissent pas plus risqués que ceux de pays jeunes comme la Thaïlande ou la Malaisie, il est donc logique que son coût de financement soit en adéquation avec l’échelle réelle et objective de risque » note Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France.
La France a bouclé son programme d’émission pour 2011 jeudi, plaçant 4,34 milliards d'euros de titres, soit le haut de la fourchette prévue, avec des taux en baisse sur 10 ans.
Fabrice Cousté pense que l’Allemagne va ainsi rester, lors du sommet européen de la semaine prochaine, dans « une posture de rigueur » : « pas d’extension des statuts de BCE (donc pas d’assouplissement quantitatif illimité de la BCE), pas de fédéralisme avec des Etats encore trop « laxistes » vis-à-vis des exigences du traité de Maastricht (donc pas d’EuroBonds)» parie-t-il.
