Pour l’ex-ministre du logement, le doublement du plafond du livret A n’aura aucun impact.
« Je ne doute pas de la bonne foi du Gouvernement, mais je me dois de lui dire : c’est une mesure à impact zéro ». Benoist Apparu a vivement critiqué la réforme annoncée mercredi par le premier ministre Jean Marc Ayrault, concernant le doublement du plafond du livret A, une promesse de campagne du candidat Hollande.
Pour l’ex ministre, les ressources issues de ce support de placement sont d’ores et déjà « largement supérieures aux besoins du monde HLM ». Pour le ministre, les encours disponibles fin 2011 sur le livret A s’élevaient à près de 160 milliards d’euros, alors même que seulement 120 milliards d’euros sont utilisés. Et la hausse de 25% du plafond annoncée ce matin devrait encore amplifier cette sous-utilisation, avec « une collecte de 10 milliards d’euros supplémentaires… qui ne seront pas utilisés ».
Lien « quasi inexistant »
Pour Benoist Apparu, le lien entre le plafond du Livret A et construction de logements sociaux est en effet « quasi inexistant », du fait que ces montants ne permettent pas de subventionner les bailleurs sociaux, mais servent à leur accorder des prêts. Aussi, selon l’ancien ministre du logement, « toucher aux taux d’intérêt aurait une utilité, mais augmenter les ressources disponibles – déjà sous-utilisées – est un non-sens ».
Enfin, note-t-il, le plafond devrait surtout profiter aux plus aisés, moins de 10% des épargnants possédant un livret A atteignent le plafond de 15 300 euros.
Le ministre propose ainsi de mieux « calibrer » géographiquement les aides aux bailleurs sociaux, en modulant les taux d’intérêt des prêts de la Caisse des dépôts « en fonction du lieu de production des logements et ce afin de faire baisser le coût de production des logements ». Le député devrait ainsi proposer des amendements allant dans ce sens lors du vote du budget 2013.
