Le maire de Lyon a vanté hier son bilan financier à la mairie. Si les dépenses de fonctionnement augmentent bien plus que les recettes en 2012, l’épargne a augmenté sur un mandat, et la dette a diminué.
Le maire de Lyon présentait lundi le compte administratif 2012, sorte de bilan financier de l’année écoulée pour la ville. « Avec les ponts, nous avons cherché une date où un maximum d’entre vous pourrait être là. Avec des comptes d’une telle qualité, ça aurait été dommage que vous n’en profitiez pas » a introduit Gérard Collomb, pour qui il s’agissait du dernier compte administratif avant les élections municipales.
Côté dépenses de fonctionnement, celles-ci ont totalisé 532.3 millions d'euros, en hausse de 3.6%. Côté recettes de fonctionnement, celles-ci sont en hausse moindre, de 0.7%, à 624.5 millions d'euros. Le maire note des éléments négatifs qui pèsent sur les comptes de la Ville de Lyon, qui affectent notamment la partie recettes: baisse des dotations de l’État, une activité mal orientée et des droits de mutation en baisse de 2 millions d’euros.
« Malgré cela, l’épargne reste à Lyon à un niveau élevé, si bien que nous avons pu financer la quasi-totalité de nos investissements, soit 75%. Et même si l’on prend en compte les recettes provenant de nos investissements, nous avons autofinancé nos dépenses à 95% » a noté l’élu. La dette, de 346 millions d’euros n’a donc quasiment pas augmenté, de 6 millions d’euros, soit moins de 2% d’augmentation par rapport à 2011. « L’endettement reste au niveau de 1999 » se félicite ainsi Gérard Collomb, qui rappelle que celui de l’Etat français a, dans le même temps, plus que doublé.
Les "3 piliers" de Gérard Collomb
La dette par habitant est de 711 euros, précise Gérard Collomb, alors même que la moyenne des autres grandes villes françaises est plutôt de 1200 euros. La bonne gestion de la ville de Lyon sur le mandat repose ainsi, selon le maire, sur 3 piliers : d’abord la hausse des impôts de début de mandat, qui a permis de dégager des marges de manœuvre financières. Pour produire des équipements, « il faut une hausse des taux, même si elle doit être raisonnable» rappelle le maire. Durant le mandat, 110 millions d’euros par an ont en effet été investis contre 70 à 80 millions d’euros dans les autres grandes villes.
Deuxième pilier : la bonne tenue des droits de mutation, même si ceux-ci ont diminué de 2 millions d’euros en 2012 par rapport à 2011. Ceux-ci ont en effet été relativement élevés sur l’ensemble du mandat. Enfin, « un effort de gestion » a été réalisé : « chaque fois nous avons essayé, tant sur la masse salariale que pour les frais généraux, de serrer nos dépenses de gestion, de manière à garder un autofinancement qui soit relativement important » note le maire. La mairie n’a embauché que l’équivalent de 32.7 postes en 2012. 39 postes ont été créés dans l’éducation, alors que d’autres postes ont été supprimés à la faveur de départs naturels.
Au total, le maire s’est exercé à comparer l’avant dernière année de chaque mandat. Aussi, par rapport à 2006, l’épargne brute a encore augmenté, alors qu’elle était de 63 millions en 2006, « elle est aujourd’hui de 93 millions » se félicite le maire. Parallèlement, la dette, de 423 millions d’euros en 2006, est descendue à 346 millions d’euros. Enfin, la capacité de désendettement s’est aussi améliorée : de 6.5 années en 2006, celle-ci est passée à 3.7 années en 2012.
Effet de ciseau
Malgré tout, on connait comme chaque fois en fin de cycle un effet de ciseau, avec d’une part des dépenses en hausse de 3.6%, tandis que les recettes augmentent, dans le même temps, de 0.7%. Cet effet de ciseau « se produit plus tard qu’il ne s’était produit durant le premier mandat » tempère le maire, mais celui-ci se manifeste avec « plus de force, car la baisse des dotations de l’Etat est beaucoup plus considérable » note le maire.
« Il va falloir que nous ne relâchions pas nos efforts » affirme le maire, du fait de la baisse des dotations de l’Etat : selon une récente étude de l’association des maires des grandes villes de France, la ville de Lyon devrait perdre 3.8 millions d’euros en 2014 et 7.5 millions en 2015, une baisse qui viendra s’ajouter à l’effet du gel actuel de ces mêmes dotations. En dépenses, le fonds de péréquation des ressources est très défavorable aux grandes villes. « En 2012, nous avons redistribué à d’autres villes 700.000 euros ». Ce montant devrait augmenter dans les années à venir : 1.6 millions d’euros en 2013, 2.5 millions d’euros en 2014, 3.4 millions en 2015, et 4.4 millions d’euros en 2016. A cela s’ajoute la hausse des cotisations de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, qui va représenter 2.4 millions d’euros en 2013.
Pour Gérard Collomb, la ville se présente toutefois « en très bonne forme » pour affronter les difficultés présentes, malgré l’effort national de réduction de la dette qui se répercute sur les collectivités locales.
