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Selon les divers baromètres de courtiers publiés cette semaine, on observe toujours, en ce début du mois d'octobre des baisses de taux de crédit immobilier.
Le mois de septembre s’est soldé par une nouvelle baisse des taux. Selon Crédit Logement, qui a fait état lundi de son baromètre au titre du mois dernier, les taux des crédits du secteur concurrentiel se sont établis à 1.41 % en moyenne, contre 1,49% en août.
« La baisse des taux s’est poursuivie, durant l’été. Elle est toujours rapide, accompagnant la faiblesse des taux constatés sur les marchés obligataires, dans un contexte d’abondance de ressources d’épargne faiblement rémunérées. Elle exprime aussi les conséquences des orientations monétaires des banques centrales et les comportements anxiogènes des investisseurs » note Crédit Logement. L’institution spécialisée dans la garantie de prêts immobiliers indique que le niveau des taux a été divisé par plus de 4 depuis le début des années 2000.
Le constat est partagé par la Banque de France, qui a fait état, elle aussi, d'une baisse des taux sensible depuis janvier, mais aussi d'une la nette accélération des crédits à l'habitat (+3,7% en août, après +3,3%). «Les taux d'intérêt des crédits à l'habitat diminuent de nouveau (1,72 % en août, après 1,78 % en juillet). Depuis le début de l'année 2016, la baisse des taux des crédits à l'habitat s'élève à 0,61 point de pourcentage (2,33 % en décembre 2015)» note la Banque de France.
« Pour autant, la nouvelle diminution des taux constatée en septembre n’est pas inhabituelle : elle s’observe souvent à la rentrée, les établissements bancaires rafraichissant leurs offres commerciales pour bénéficier de l’embellie saisonnière de la demande, avant qu’elle n’entre en sommeil à l’approche de l’hiver » ajoute Crédit Logement.
Nouvelle baisse
Et cette embellie sur la demande est bien perceptible en cette rentrée. « La demande de crédits immobiliers ‘acquisition’ a bondi de plus de 30% en septembre 2016 par rapport au même mois en 2015 et la demande de rachats de crédits immobiliers déjà existants de 200%», explique Hervé Hatt, Président de Meilleurtaux.com.
Selon son confrère, Cafpi, les taux continuent, malgré leurs niveaux déjà très bas, à diminuer. Le courtier obtient pour les meilleurs dossiers 0,65% sur 10 ans, 0,90% sur 15 ans, 1,00% sur 20 ans et 1,25% sur 25 ans. De manière un peu plus précise, les taux de crédits immobiliers atteignent en Rhône-Alpes 0,75% sur 10 ans, 0,90% sur 15 ans, 1,10% sur 20 ans et 1,50% sur 25 ans.
Modération
Emprunt Direct remarque lui que l’amplitude des baisses se modère, après un mois de septembre marqué par des replis de 10 points de base sur l’ensemble des durées. « En ce mois d’octobre, les banques ont été plus offensives sur les maturités de prêt égales ou supérieures à 20 ans, souvent prisées par les primo-accédants. Inversement, les baisses ont été plus limitées pour les dossiers de maturité 10 ou 15 ans » note le courtier.
Ce relatif affaiblissement du mouvement de baisse est également pointé par d’autres intermédiaires. « Il semblerait que les banques commencent à réduire leur course effrénée aux taux bas » souligne ainsi Cécile Roquelaure, directrice communication et études chez Empruntis. « Si les banques sont toujours aussi compétitives, et si se financer se fait toujours à des conditions incroyables, peut-être sommes-nous arrivés à un seuil au-delà duquel plus aucune banque ne souhaite, pour l'instant, s'aventurer ? Impossible toutefois à certifier, le passé nous a montré combien il est difficile de prévoir l'évolution des taux » affirme-t-elle.
Un repli significatif sur 2016
Reste que pour l’heure, les replis sur les taux depuis le début de l’année sont réellement significatifs. Les taux ont diminué de 0,50% entre mars 2016 et aujourd’hui « et il ne s’agit ici que des barèmes affichés, loin de décotes réelles obtenues », souligne Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com. Celle-ci note que 85% des banques affichent des barèmes sur 20 ans inférieurs à 1,90% et 66% sous la barre de 1,70%. « Pour rappel, aucune banque ne passait sous le seuil de 2,10% il y un an », se souvient-elle.
La production de crédits nouveaux reste, de fait, dynamique. «La production de crédits nouveaux à l'habitat continue d'augmenter (23 milliards d'euros en août, après 21,2 milliards d'euros en juillet), toujours soutenue par les renégociations qui représentent en août la moitié de ces nouveaux prêts» note la Banque de France.
Vers une stabilisation?
L’autre fait souligné par nombres de professionnels est le retour des primo-accédants. « La combinaison favorable entre les prix de l’immobilier relativement stables et les taux extrêmement bas a conduit au retour de la demande et notamment des primo-accédants » indique Meilleurtaux.com.
Comme d’autres courtiers, l’intermédiaire prédit une stabilisation des taux des crédits à ces niveaux très bas, sans perspective brutale de remontée. Les taux devraient donc peu à peu « atterrir ». « Si elles s’inscrivent dans un bon rythme de production, peu de banques en revanche d’ores et déjà bouclé leurs objectifs annuels. Elles devront donc rester actives sur ce temps fort. Sur les maturités les plus demandées, elles appliqueront donc toujours des baisses marquées, afin de conquérir de nouveaux clients » parie pour sa part Alban Lacondemine, président d'Emprunt Direct.
