Conférence de presse de François Ruffin et Bruno Bernard devant les tiny-houses de Gorge-de-Loup (SdH/LPI)
Face au maintien de plusieurs candidats insoumis à même faire élire des candidats de droite, un appel à la responsabilité des Insoumis a été porté par Bruno Bernard, accompagné de François Ruffin, pour empêcher la victoire de la candidate de la droite.
Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon, et François Ruffin, député de la Somme, étaient ce mercredi depuis le site des Amazones à Vaise, dans le 9e arrondissement de Lyon. Ce lieu est l’un des sites représentatif des politiques sociales menées par la Métropole, le village de tiny-houses dédié à l’accueil de mères isolées avec de jeunes enfants. Ceci illustre, selon la liste de Bruno Bernard, «la politique d’hospitalité profondément renforcée depuis 2020 qui a permis la création de plus de 840 places d’hébergement pour les mères isolées avec enfants».
À quelques jours du second tour des élections métropolitaines, la conférence de presse organisée par la liste «Avançons ensemble» visait à appeler à la responsabilité les candidats locaux de la France insoumise. Car le maintien de ceux-ci dans plusieurs circonscriptions, démarche notoirement poussée au niveau national par le fondateur de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, pourrait permettre quasi mécaniquement une victoire de la liste «Grand Coeur Lyonnais» portée par l’élue de droite Véronique Sarselli. Au vu des résultats du premier tour dans la circonscription de Lyon Ouest (5e et 9e arrondissements) la gauche est par exemple, selon «Avançons ensemble», face à un choix décisif avec un résultat de 30,6 % pour «Avançons ensemble», contre 10,9 % pour la France Insoumise, sans possibilité d’élu pour cette dernière. Et la situation est pour la liste tout aussi critique dans d’autres circonscriptions, comme Lyon Est.
Pour la gauche, empêcher la bascule de la Métropole
Pour «Avançons ensemble», les projections sont sans ambiguïté : dans la configuration actuelle, le maintien de la liste LFI ne lui permettrait d’obtenir aucun élu et conduirait à une majorité pour la droite. À l’inverse, un retrait ouvrirait une possibilité réelle de victoire pour la gauche et permettrait d’empêcher la bascule de la Métropole.
« Les chiffres sont clairs : à Lyon Ouest, la France Insoumise n’a aucune chance d’avoir un élu. Son maintien ne produit qu’un seul effet : diviser la gauche et faire gagner la droite et Jean-Michel Aulas. Dans une élection aussi serrée, chacun doit prendre ses responsabilités. Le rassemblement est aujourd’hui la seule manière d’empêcher la Métropole de basculer dans les mains d’une droite rétrograde. »
Bruno Bernard, président de la Métropole et candidat à sa succession
« Ici, aux Amazones, on voit concrètement ce qui est en jeu dans la Métropole de Lyon et sur le terrain : la protection sociale des mères isolées avec enfants, les solidarités... Alors que cette deuxième liste de gauche sur les 5e et 9e arrondissements de Lyon n’a aucune chance d’avoir un élu, son maintien peut faire perdre tout ça. Quand on commence l’union comme à Lyon on ne l’a fait pas à moitié. L’enjeu n’est pas de faire gagner des appareils mais c’est l’avenir d’habitants, de leurs transports et de leurs conditions de vie qui doit primer. »
François Ruffin
Le député de la Somme a rappelé que cette élection engageait directement la vie quotidienne des habitants.
«D'abord, dire que ce dont on parle là, plus concrètement, c'est la vie des gens… C'est la vie des gens, de leur ordinaire. Là, ce sont des mères isolées qui peuvent se loger, derrière nous, dans ces habitats. C'est l'eau qui est en régie publique et qui, si la droite revenait, repasserait au privé. Ce sont les loyers qui sont encadrés ici, et qui, à mon sens, devraient l’être dans tout le pays. Ce sont les bus qui passent là, juste derrière vous. Tout ça, c'est la vie concrète des gens. Et on ne doit pas jouer avec la vie des gens.»
François Ruffin
Il est ensuite revenu sur la situation politique de la Métropole.
«Je suis venu il y a 15 jours. Je suis passé entre autres dans un territoire zéro chômeur longue durée en compagnie de Bruno Bernard. Et à ce moment-là, c'était ‘Attention, Lyon est en danger, mais la Métropole, ça devrait aller’. Et je reviens 15 jours plus tard, et c'est ‘Lyon, ça devrait aller, mais la Métropole est en danger’. Elle n’est pas en danger parce que la droite a gagné du terrain. Au contraire. On a une dégringolada de Jean-Michel Aulas, on a un candidat qui se cache, qui n'ose plus parler. Mais on a un problème de désunion. Moi, ce que je viens dire, quand on fait l'union, quand on fait la fusion, on la fait en entier et on ne la fait pas à moitié. On l'a fait pour la Ville, mais on la fait aussi pour la Métropole. Et on l'a fait surtout, de toute façon, pas seulement pour la gauche, pas seulement pour les écologistes, on ne la fait pas pour les partis, on la fait pour les gens. On la fait pour les mères isolées qui sont là, derrière… On la fait pour les gens ordinaires qui font couler l'eau de leur robinet. On la fait pour les gens qui prennent le bus… Voilà ce que je viens de dire aujourd'hui.»
François Ruffin
Les élus ont enfin rappelé que les listes «Avançons ensemble, l’union de la gauche et des écologistes», étaient les seules en capacité de battre la droite. Renaud Payre, directeur de la campagne de Bruno Bernard qui rappelle que nombre d’élus insoumis ont porté la politique de la Métropole ces dernières années, au final, tend à résumer : «la vraie insoumission, c’est de dire non aux ordres de Paris!».
