Grégory Doucet (SdH/LPI)
L’écologiste Bruno Bernard a reconnu sa défaite dans un communiqué. Vénissieux et Vaulx-en-Velin tombent dans l’escarcelle de La France Insoumise.
Lyon reste à gauche, la Métropole passe à droite. Bruno Bernard, l'actuel président de la Métropole de Lyon, a, peu avant 22 heures, reconnu sa défaite.
“Les électeurs ont tranché. Ils ont donné aux listes Grand Cœur Lyonnais une majorité absolue au Conseil de la Métropole. J’adresse à Madame Sarselli mes félicitations républicaines. Il lui revient désormais de répondre aux attentes des habitants, de travailler avec l’ensemble des maires du territoire, et de faire vivre une Métropole utile, concrète et à la hauteur des enjeux. Car notre territoire ne peut pas se permettre l’immobilisme, ni les choix de court terme, au moment où tant de défis sont devant nous.”
Bruno Bernard
L’élu écologiste a notamment fustigé les divisions de la gauche, qui se sont révélées ce dimanche particulièrement mortifères.
“Cette campagne métropolitaine aura été difficile à bien des égards. Difficile d’abord pour les électeurs, du fait de la concomitance avec les scrutins municipaux, qui a nui à la lisibilité des enjeux. Difficile ensuite par la médiocrité du débat public : la droite a trop souvent préféré les caricatures, les contre-vérités et les attaques à la confrontation sérieuse des projets, sans doute parce que son propre programme comportait trop de flous, d’incohérences et d’impasses. Difficile, aussi, dans un contexte national marqué par une vague bleue qui a porté partout en France une dynamique favorable au vote à droite. Difficile, enfin, parce que les conditions d’un rassemblement de la gauche entre les deux tours n’ont pas pu être réunies. Contrairement à la ville de Lyon, ce rassemblement n’a pas pu se faire à la Métropole de Lyon à cause des enjeux municipaux à Vaulx-en-Velin et Vénissieux ; nous en voyons ce soir les conséquences, et nous le regrettons.”
Bruno Bernard

Véronique Sarselli devrait donc devenir jeudi, à l’occasion de la séance d’investiture, la quatrième présidente de la Métropole de Lyon, après Gérard Collomb, David Kimelfeld et Bruno Bernard.
La droite enregistre ainsi une nouvelle victoire sur le territoire, après les élections au premier tour dimanche dernier de Pascal Charmot à Tassin-la-Demi-Lune, d’Alexandre Vincendet à Rillieux-la-Pape, de Sébastien Michel à Ecully, de Bastien Joint à Caluire-et-Cuire, de Jérémie Bréaud à Bron, ou encore de Gilles Gascon, à Saint-Priest.
Les écologistes et l’union de la gauche hors LFI se consoleront toutefois avec deux victoires d’importance : Lyon et Villeurbanne. Grégory Doucet a en effet été élu maire de Lyon avec 104.702 voix (soit 50,67% des suffrages exprimés), contre 101.940 pour Jean-Michel Aulas (soit 49,33% des suffrages exprimés).

Cédric Van Styvendael a été élu maire de Villeurbanne avec 28.292 voix (soit 42,59% des suffrages exprimés) devant l’ancien maire Jean-Paul Bret (16,97%), l’insoumis Mathieu Garabedian (16,79%), Sophie Cruz (15,01%) et Gérard Canon (8,64%).
“C'est à la fois une grande satisfaction pour Villeurbanne, et un remerciement très sincère aux Villeurbannaises, et aux Villeurbannais d'avoir fait confiance à la fois sur le bilan mais aussi sur un projet qui est extrêmement ambitieux pour notre ville. Ensuite, je ne peux pas non plus faire l'impasse sur la défaite qu'a reconnue Bruno Bernard et qui m'inquiète en tant que maire de Villeurbanne. Parce qu'une mairie, aussi puissante, aussi forte soit-elle, sans une Métropole active sur des sujets importants de mobilités, de justice sociale, c'est une ville qui peut avoir des fragilités. J'ai donc cette inquiétude quand même, en arrière-fond de cette soirée, dont j'aurais aimé qu'elle soit uniquement tournée vers la satisfaction d'avoir conservé cette ville à gauche et d'avoir eu un plébiscite des Villeurbannaises et des Villeurbannais. On fait encore 1.500 voix de plus que sur le tour d'avant.”
Cédric Van Styvendael
Le maire s’interroge désormais sur la conduite de la future probable présidente de la Métropole, et ses liens avec Laurent Wauquiez.
“Véronique Sarselli, je ne la connais pas. J'en connais beaucoup d'autres avec lesquelles j'ai pu travailler précédemment, pas en tant que maire mais en tant que directeur d'un office public. Ce sont des gens avec lesquels j'ai toujours trouvé des espaces. Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est que cette alliance a été bâtie sur les fonds baptismaux avec la bénédiction de Laurent Wauquiez. J'ai été maire de la troisième plus grande ville de cette région, et je n'ai jamais pu rencontrer, accéder à Laurent Wauquiez. Il n'a jamais accepté le moindre rendez-vous. Ça dit quand même quelque chose du manque de républicanisme de cette personne dans la relation avec les villes de gauche.”
Cédric Van Styvendael
On notera aussi la victoire d’Issam Benzeghiba à Meyzieu avec 6.716 voix (50,28%) contre 6.642 voix pour Christophe Quiniou, qui perd ainsi la mairie pour 74 voix, ainsi que la réélection de Mohamed Boudjellaba à Givors avec 2.278 voix (44,69%) contre 1.716 voix pour Jérôme Chabrier (33,67%).
Mais l’un des faits majeurs de la soirée reste la victoire des listes de la France insoumise dans 3 villes, à savoir Vaulx-en-Velin, Vénissieux et Saint-Fons. A Vaulx-en-Velin, le LFI Abdelkader Lahmar (5.369 voix, 50,49%) a en effet battu l’ancienne édile Hélène Geoffroy (5.268 voix, 49,51%). De même, à Vénissieux, le LFI Idir Boumertit (4.020 voix, 34,11%) a devancé l’ancienne maire PC, Michèle Picard (3.995 voix, 33,90%). Et à Saint-Fons, l’insoumis Hadi Mebarki (1.302 voix, 40,75%) a devancé David Debat (1.186, 37,12%). L’ex ceinture rouge communiste se mue ainsi en une périphérie insoumise…
Clermont passe à droite une première depuis la libération
En région Auvergne-Rhône-Alpes, on notera plusieurs changements majeurs. À Clermont-Ferrand, pour la première fois depuis la libération, la ville est passée à droite, Olivier Bianchi (19.192 voix, 45,45%) ayant été devancé par Julien Bony (21.495 voix, 50,91%). Inversement, Saint-Etienne repasse à gauche, le PS Régis Juanico (19.493 voix, 44,13%) ayant devancé le RN Corentin Jousserand (11.786, 26,68%) et le candidat de droite Dino Cinieri (8.284 voix, 18,75%). A Grenoble, la candidate de l’union des gauches Laurence Ruffin (29.071 voix, 56,59%) a pour sa part surpassé Alain Carignon (22.297 voix, 43,41%).Enfin, à Annecy, le candidat de droite Antoine Armand (23.530 voix, 49,36%) a devancé le candidat de gauche Alexandre Mulatier-Gachet (16.743 voix, 35,12%).
