Le quotidien Libération a publié ce matin une liste de communes touchées par les emprunts toxiques. En Rhône Alpes, on retrouve Saint-Etienne, mais aussi Oullins et Feyzin.
Rhône Alpes durement touchée par les emprunts toxiques. Le quotidien Libération a dressé une carte de France des emprunts structurés, dits « toxiques », distribués par Dexia Crédit local (DCL), de 1995 à 2009, et encore en exercice début 2010. Ces emprunts ont eu un fort retentissement, du fait des nombreux surcouts qu’ils ont généré, obligeant certaines municipalités à appeler à l'aide.
Symbole de ce phénomène, Saint Etienne apparait comme l’une des villes les plus touchées en France, avec 120 millions d’euros d’emprunts, et 27.95 millions d’euros de surcouts. Une situation qui oblige certains anciens élus, dont l’ex-maire Michel ancien maire UMP de Saint-Etienne, à sortir du bois. Ce dernier est notamment auditionné aujourd’hui par trente députés sur les emprunts toxiques contactés alors qu’il était maire.
Oullins et Feyzin particulièrement touchées
Mais d’autres villes de l’agglomération lyonnaise sont touchées, à un degré moindre, mais avec pour certaines des pourcentages de surcout comparables, voire supérieurs. C’est, selon le document de Libération, le cas d’Oullins, qui avait emprunté entre 2007 et 2008 10.82 millions d’euros. Ces derniers ont généré un surcout de 25.42%, soit plus, en pourcentage, que Saint Etienne. Du côté de Feyzin, le montant des surcouts atteint plus de la même façon plus de 24%.
En ne retenant que les communes où le pourcentage de surcout est supérieur à 20%, on compte déjà un certain nombre de ville de grande importance. C’est le cas d’Annecy (21.54% de surcout), ou de Chambery (31.25%), qui avaient contracté pour 19.96 et 29.53 millions d’euros d’emprunt.
Parmi les autres communes de moindre importance touchées en Rhône-Alpes, on trouve Guilherand-Granges (27.56%), près de Valence, mais aussi Tournon (37.03%) et Unieux (32.53%). Dans l’arc alpin, on notera la présence dans la liste du Mont de Lans (24.8%), de Vizille (40.27%), de Seyssins (40.01%), mais encore Vaujany (33.47%), Saint Collomban des Villards (27.69%), ou bien encore de Pralognan la Vanoise (20.39%), de Tignes (22.74%), de Val d’Isère (22.87%), de Montvaleyzan (27.19%), des Gets (35%), ou de Scionzier (33.35%). Mais le record en Rhône Alpes des surcouts reste malgré tout Megève, qui, pour un montant total d’emprunt de 3,83 millions d’euros a dû faire face à un surcout de 3.04 millions, soit une part de 79.32% de surcoût.
Dexia conteste
Dans son article, Libération s'appuierait sur un fichier confidentiel de Dexia. Selon ce dernier, les prêts se seraient montés à 25 milliards d'euros de 1995 à 2009, avec un surcoût de 3,9 milliards fin 2009. Un chiffre contesté par la banque, qui a tenu à réagir par communiqué, à ces chiffres. "Des données erronées et tronquées ont servi de support à cet article", a affirmé la banque, en indiquant qu'elle "examine toutes les suites juridiques à donner pour défendre l'intérêt de ses collaborateurs et de ses clients".
"Il est totalement infondé et irresponsable d'avancer que 'des milliers de communes françaises sont en faillite en raison des crédits structurés souscrits auprès de Dexia'", indique la banque.
