Un an après la fusion d’Ain’CIL au sein d’Amallia, Catherine Arnaud, directrice territoriale de l’Ain d’Amallia , nous parle de la collecte Action Logement dans le département.
Que représente la direction territoriale de l’Ain d’Amallia ?
Amallia Ain, ce sont 900 entreprises adhérentes dans le département, soit 95% des entreprises de plus de 20 salariés. Cette situation est le fruit d'une longue histoire: cela fait 50 années que le collecteur de l’Ain existe. Ça représente 8132000 euros de collecte que nous recevons des entreprises. En contrepartie de ces cotisations, nous nous devons de rendre des services aux entreprises.
Quels sont-ils?
D’abord le prêt 1% logement, qui existe depuis plus de 50 ans. Ensuite, depuis une bonne dizaine d’années, nous avons examiné les besoins des entreprises. Les souhaits des salariés changent : ils ont besoin de se loger, d’avancer des loyers… Des aides se sont donc mises en place au milieu des années 90. Il y a eu le Loca-pass, qui permet au salarié d’entrer dans un logement. Nous lui avançons le premier mois de loyer, et il nous rembourse sans intérêt sur 18-24 mois. Parallèlement, nous allons garantir les loyers auprès du bailleur social. S’il y a des impayés dans les trois premières années, nous les payons, puis nous passons à un recouvrement à l’amiable avec le salarié pour essayer de l’aider. Nous avons aussi le produit mobili-pass. Pour les personnes qui sont en mutation, qui recherchent un logement, et qui viennent de plus de 70 kilomètres, nous les aidons à trouver un logement adéquat. Par ailleurs, certains salariés peuvent avoir des ruptures, familiales ou personnelles: nous leur proposons donc un service assistance, avec une conseillère en économie sociale et familiale qui est là pour les aider à remonter la pente, et les accompagner durant ce passage à vide. Nous fournissons également un service gratuit de conseil en financement, avec des conseillers spécialisés qui sont là pour établir un diagnostic financier. Ils peuvent indiquer au salarié s’il peut ou pas devenir propriétaire, et établir le montant de leur mensualité. Il leur monte le dossier au niveau de la banque et leur trouve le meilleur taux bancaire. Nous montons le dossier, puis nous le transmettons à la banque. Cela permet au salarié de ne pas avoir de frais de dossier bancaire.
Que pensez-vous du prélèvement de l’Etat sur les collecteurs Action Logement ?
Nous réservons des logements toute l’année auprès des bailleurs sociaux. Nous sommes une aide financière pour finaliser des opérations de construction dans le département. Lorsque l’Etat nous ponctionne pour pouvoir assumer des politiques qu’il a lui-même mis en route, ce n’est pas du tout dans l’objet des collecteurs. Nous devons de rendre des services aux collectivités des entreprises, et l’ANRU et l’ANAH ne rentrent absolument pas dans ce cadre. Quand les subventions de l’ANAH vont à un propriétaire occupant qui a besoin de mettre aux normes, je ne vois pas en quoi Action Logement devrait être impliqué. Même indirectement, nous ne rendons pas service aux salariés. L’aide que nous apportons aux bailleurs sociaux pour réserver des logements pour les mettre à disposition en termes de réservations aux salariés pourrait être affectée par ces ponctionnements. Il va falloir faire des choix. Les sommes ponctionnées en 2009, 2010, 2011 seront reconduites en 2012, 2013, 2014. On ne va pas pouvoir continuer à faire un effort pareil sans que les salariés du département de l’Ain en pâtissent.
Quelles sont les actions qui sont affectées par les coupes ?
Nous avions en 2008, 2009 des prêts « Pass Travaux ». Il s'agissait de prêts de 8000 euros à 1.5% pour aider les salariés à changer leur chaudière, etc… Nous avons été obligés des les arrêter en 2009. Nous demandons un peu de justice : aider l’Etat dans des grandes politiques nationales, cela peut peut-être s’entendre, mais quand cette ponction représente 70% de la collecte, ce n’est plus juste.
C’est tout l’économie du 1% logement qui est mise en cause via cette ponction ?
Oui, cela va même jusqu’à la construction de logements sociaux: nous serons là de manière moins importante pour aider les bailleurs sociaux. Il se construit des programmes sociaux, au sein desquels on se positionne en termes de logement parce que l’on sait qu’il y a des entreprises aux alentours et on sait que les entreprises ont besoin de logements.
Comment intervenez-vous ?
Nous allons nous positionner et nous réservons une subvention à des taux intéressants pour le bailleur. Quand Action Logement intervient dans une opération, cela fait un peu moins de fonds propres à débourser pour une opération. Cela lui permet parfois d’équilibrer une opération. Si nous réservons 5 logements, ils vont être réservés pendant, en moyenne, une petite trentaine d’années. On va informer les entreprises et positionner les salariés des entreprises adhérentes qui ne dépassent pas les plafonds de ressources sur ces 5 logements.
Au niveau national, Amallia est assez présent en Rhône-Alpes...
Oui. Amallia est le seul collecteur au niveau national à avoir son siège social en Rhône-Alpes.
Plusieurs CIL, dont celui de l’Ain, ont fusionné l’an dernier. Comment jugez-vous cette opération un an après la fusion ?
Ça nécessite beaucoup de travail. D’un point de vue personnel, je pense que l’on est parti sur une fusion basée sur le respect des idées de chacun. Moi je le vis comme une réussite, basée sur une concertation de tous pour aller vers un point commun que l'on s’est fixé. Nous gardons nos spécificités territoriales, notre proximité ; nous sommes écoutés, entendus, et nous construisons nos spécificités ensemble. C’est une aventure formidable.
Sur l’ensemble de l’économie de la Collecte Action Logement, vous pensez que ce mouvement de concentration va se poursuivre dans le secteur ?
On en entend parler, mais il y a tellement de choses dont on entend parler et qui ne sortent jamais que je n’ai pas d’idée là-dessus. Je pense néanmoins que certains collecteurs sont assez petits. Dans un environnement assez mouvementé, ils auront peut-être besoin d’avoir des métiers supports. Ce n’est toutefois pas dans nos discussions actuellement. Nous, nous tentons plutôt d’effectuer des partenariats avec d’autres collecteurs dans d’autres régions où nous ne sommes pas implantés. Nous sommes plutôt sur des réflexions de partenariat sur la façon de pouvoir rendre des services partout.
Amallia direction de l’Ain en chiffres :
18 collaborateurs sur la direction territoriale de l’Ain
3 collaborateurs sur Oyonnax
47 programmes de construction de logements sociaux
Un parc de 4300 logements sociaux
460 familles logées sur l’a direction de l’Ain en 2010
Une centaine de services réalisés en 2010
88 missions mobilité
Mise en place du conseil au financement en 2010
Financement pour 2.5 millions d’euros en subvention de logements sociaux, soit 192 nouvelles réservations.
Participation à la réhabilitation du quartier de la Reyssouze en 2010
