La maire de Vénissieux, Michèle Picard, a écrit à Cécile Duflot, pour demander un moratoire sur les expulsions locatives.
Après le drame de Vénissieux, qui avait vu une femme de 70 ans se suicider alors qu’elle était sous la menace d’une expulsion locative, la maire de la ville, Michèle Picard, a écrit à Cécile Duflot. Rappelant le contexte du drame, elle a en outre interpellé la ministre sur la nécessité de mettre un terme aux expulsions locatives.
La maire s’en prend notamment au préfet du Rhône, qui avait attaqué ses arrêtés anti-expulsions. « Chaque année, ces arrêtés sont suspendus par décision de justice en référé à la demande du Préfet. Chaque année, sa défense se base sur l’absence de trouble à l’ordre public avéré, l’inexistence d’une atteinte à la dignité humaine. Il soutient aussi que le maire n’est pas compétent au regard de ses pouvoirs de police générale. Ces mêmes maires, en première ligne, qui comme moi aujourd’hui, sont confrontés à la mort violente d’une habitante, brisée par la pression et la peur » indique la maire de Vénissieux.
Les parlementaires communistes avaient soumis des propositions de lois sur ces questions. « Je crois qu’il est urgent d’y réfléchir, comme il est urgent de faire cesser ces pratiques d’un autre âge en décrétant un moratoire pour l’année 2013 sur les expulsions locatives » note la maire. « Jeudi dernier, l’atteinte à la dignité humaine est à son paroxysme. Les seuils de l’inacceptable aussi. Face à cette urgence sociale, l’État doit enclencher un véritable plan Orsec et qu’enfin les droits fondamentaux pour tous, inscrits dans la Constitution, soient enfin respectés » conclut Michèle Picard.
