<p>(SDH/LPI)</p>
La hausse des taux s'est amoindrie à la rentrée, selon les premiers baromètres des courtiers en crédit immobilier. En août, la hausse avait dépassé les 10 points de base, selon Crédit Logement. Les écarts entre les dossiers se creusent.
La hausse des taux de crédit immobilier a été sensible en août, selon Crédit Logement. L'organisme de caution de prêt immobilier a en effet indiqué, dans son dernier observatoire, que le taux moyen était passé de 2.06 % à 2.17 % durant le mois d'août.
« La révision des barèmes de taux de la plupart des établissements de crédits est intervenue durant l’été. Elle reste néanmoins modérée, en comparaison des désordres que la crise grecque a provoqués sur les marchés financiers. Alors que le taux de l’OAT à 10 ans a augmenté de plus de 85 points de base entre la mi-avril et la mi-juillet, les taux des crédits immobiliers n’ont cru que de 16 points depuis juin» indique l'organisme. Concernant la typologie des dossiers, on notera que les prêts à taux variables représentent désormais une part marginale, à 0.8 % en août, « au plus bas depuis le début des années 2000 ».
Dispersion des stratégies commerciales
Cette hausse des taux en août avait été signalée par nombre de courtiers. Ces mêmes intermédiaires ont toutefois fait état, pour début septembre, d'une stabilisation des taux. « Si certaines caisses régionales nous annoncent de très légères hausses, d’autres optent pour une stabilisation, voir de légères baisses. » ajoute-t-il. Dans les grandes enseignes nationales, c’est la même analyse. Si l’une d’entre elles a déjà relevé ses barèmes de 0,10% début septembre, il est juste de rappeler que cette grande banque n’avait pas touché à ses barèmes depuis début juillet » relève Hervé Hatt, Président de Meilleurtaux.com, qui anticipe que dans le courant du mois de septembre, « quelques hausses ici ou là devraient intervenir mais sans que cela soit réellement synonyme d’une tendance généralisée ».
Même observation d'une dispersion des stratégies commerciales chez Vousfinancer.com. « Certaines banques ont tout de même remonté leurs taux, de l’ordre de 0,10 % ou 0,15 % quand une banque régionale a même baissé ses taux de 0,15 % pour « concrétiser davantage de dossiers ».
Augmentation des écarts
L'autre tendance est, selon ce réseau, l'augmentation des écarts entre les dossiers. « Les écarts se creusent au sein des banques selon les profils, certaines ayant mis en place de nouvelles cibles de clientèle très haut-de-gamme avec des taux en baisse pour ce type d’emprunteurs (exemple : -0,20 % pour les emprunteurs avec plus de 7000 € de revenus/mois) » relève Vousfinancer.com. « Ainsi au sein d’une même banque, les taux sur 20 ans peuvent varier de 2,05% à 2,90 % en fonction des profils. En moyenne on trouve actuellement un écart de taux de 0,50-0,60 % selon les revenus, contre 0,30-0,40 % en début d’année » note l'intermédiaire.
Pour Alban Lacondemine, président d’Emprunt Direct, ce sont la volatilité observée sur les marchés de taux et l’allongement des délais de traitement des dossiers qui incitent les banques à se monter plutôt attentistes ce mois-ci. Reste à savoir, selon lui, si le deuxième temps fort de l’année immobilière, qui s’étend d'octobre à novembre, va changer la donne.
Du mouvement d'ici fin 2015
« Pour l’heure, les banques ont, pour la plupart d’entre elles, déjà atteint une bonne partie de leurs objectifs annuels, voire, pour certaines, les ont déjà réalisé. Une situation qui ne les incite pas à réduire leurs marges sur le crédit à l'habitat. En revanche, certaines banques pourraient, dans cette période, anticiper le début d'année 2016 au niveau commercial, et le préparer en procédant à des mouvements dans leurs grilles» indique-t-il.
Jérôme Robin, président de Vousfinancer.com table lui sur des hausses qui pourraient intervenir d'ici la fin de l'année. « Les banques sont encore en conquête de clients ce qui explique que le mouvement de hausse des taux devrait rester modéré en septembre, mais elles demeurent sélectives. Une reprise du mouvement de remontée des taux est à prévoir en fin d’année car à ce moment-là, la plupart des banques auront largement dépassé leurs objectifs » anticipe-t-il.
