La Métropole faisait jeudi un point d’étape sur son plan climat. L’habitat est, avec l’industrie et les transports l’un des leviers de ce dernier, notamment via l’éco-rénovation des logements, et le dispositif EcoRéno'v.
La Métropole de Lyon, en amont de la COP21, faisait jeudi un point d’étape sur son plan climat énergie territorial (PCET), en présence d'élus, de divers acteurs et de . Etaient présents à cette occasion Gérard Collomb, président de la Métropole de Lyon, Béatrice Vessiller, Vice-présidente en charge de la rénovation thermique des logements, et Bruno Charles, Vice-président en charge du plan Climat. Pour évoquer le volet habitat, l’une des strates essentielles de ce plan avec les transports, l’énergie et l’industrie, Daniel Godet, président d’ABC HLM était présent.
Baisse de 10% des émissions de CO² dans les logements depuis 2000
Sébastien Chambe, directeur de la Planification et des politiques d'Agglomération, a, avant l’intervention de Daniel Godet, rappelé quelques éléments, comme le fait que le volet habitat avait contribué à hauteur d’une baisse de 10% dans l’évolution des émissions de gaz à effet de serre du territoire entre 2000 et 2013. « Nous avons commencé en 2012 une démarche expérimentale appliquée à 2500 logements (1700 logements dans le parc social et 800 logements dans le parc privé) afin d’atteindre un niveau BBC rénovation sur ces logements. L’enjeu, c’est de déployer cette politique d’éco-rénovation avec un dispositif d’aide mis en place par la Métropole, qui consistera à apporter 3500 euros à un logement atteignant un niveau BBC et 2000 euros pour un logement atteignant un niveau dit ‘volontaire’, un peu moins ambitieux que le précédent ». L’idée est bien sûr de cibler les logements les plus énergivores construits dans les années 50, 60 et 70.
« Les logements sociaux ne sont pas des passoires thermiques »
Daniel Godet, président d’ABC HLM, a par la suite pris la parole pour présenter les efforts des acteurs du logement social en matière de performance thermique. ABC HLM représente 30 organismes sur l’agglomération, avec 140.000 logements sociaux. « Contrairement à l’idée reçue, les logements sociaux ne sont pas des passoires thermiques énergivores. Le parc social est plutôt mieux classé sur le plan énergétique, avec une moyenne de consommation de 180 à 200 Kwep/m²/an, alors que le parc privé est plutôt de 280 Kwep/m²/an » a expliqué celui qui est aussi le directeur de Grand Lyon Habitat.
Il a rappelé que les organismes HLM se préoccupent de l’impact économique du poids des consommations sur la quittance, qui peut atteindre, au niveau des charges, plus de 50% du loyer, ce qui n’est pas neutre. D’où des travaux de maitrise thermique effectués au fil du temps. « Ceci a permis de faire passer la quantité de logements mal classés au profit d’étiquettes bien classées (A, B, et C), qui progressent nettement » relève Daniel Godet.
Des questions de plus en plus intégrées
Le parc de logements neufs construit chaque année est classé à plus de 90% au niveau BBC, rappelle le responsable. « 3% de croissance, ce qui veut dire plus de 4000 logements par an, c’est un effort tout à fait considérable, très soutenu » souligne le président d’ABC HLM.
« Outre la recherche d’économies, les organismes qui construisent des logements signent pour 50 ou 60 ans de gestion. Ils se préoccupent donc de l’aspect qualitatif de ce qu’ils réalisent. Dans ce cadre-là, la dimension de maitrise thermique, de sobriété énergétique est une dimension très importante, au côté de la qualité d’usage et de la sécurité». Depuis quelques années la dimension thermique influe beaucoup sur la conception architecturale des logements.
Sur le parc existant, les organismes s’impliquent beaucoup, 140.000 logements étant concernés. Une programmation de 4000 logements va être traitée au niveau de la rénovation thermique au niveau le plus élevé si possible. Ces 4000 logements s’ajoutent aux 4000 logements construits chaque année.
Effort financier
D’un point de vue financier, l’investissement public en la matière a généré des effets de levier en termes financiers. « L’expérimentation conduite par la Métropole de l’éco-rénovation en 2013 et 2014 a constitué un bras de levier financier très important. Avec une aide de l’ordre de plus de 6 millions d’euros, on a pu dégager plus de 60 millions d’investissements de chantiers qui sont en cours, qui impactent l’économie locale et un apport supplémentaire des organismes de l’ordre de 20 millions d’euros » a précisé Daniel Godet. Le partenariat a en tout cas satisfait les opérateurs sociaux. « En très peu de temps, près de 2000 logement ont été impactés. On a réagi très vite et on est prêt à continuer » a déclaré le responsable.
30 millions d’euros ont été inscrits au titre de l’éco-rénovation dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements pour le mandat de l’actuelle Métropole. L’objectif de la plateforme d’éco-rénovation « Ecorénov » récemment lancée par la Métropole de Lyon vise, pour sa part, à encourager la rénovation des logements du parc privé. Le parc public sera aussi concerné par l’éco-rénovation. La Métropole compte ainsi rénover 10.000 logements sur les 5 ans à venir dans le parc privé et le parc public.
