<p>Gaël Perdriau (SDH/LPI)</p>
Gaël Perdriau est le maire de Saint-Etienne, et président de Saint-Etienne Métropole. Il évoque avec Lyon Pôle Immo l’aboutissement du projet Poste Weiss, mais aussi l’A45, et le développement de l’agglomération stéphanoise.
Sur l’A45, vous vous êtes félicités de l’augmentation de la participation de la Région, qui s’effectuera à hauteur de 140 millions d’euros, contre 100 initialement proposé par Laurent Wauquiez président du conseil régional Auvergne Rhône-Alpes. Le financement des collectivités locales est ainsi bouclé entre les trois collectivités…
C’est une très bonne nouvelle, parce qu’entre le financement de l’agglomération en décembre dernier, où j’ai demandé délégation de pouvoir pour négocier avec le ministère et d’autres partenaires, nous étions à une participation de 211 millions d’euros. Nous sommes descendus aujourd’hui à une participation à hauteur de 131 millions d’euros. C’est 80 millions d’euros de gagné, soit 40% de l’opération. Un investissement de 130 millions d’euros pour l’agglomération sur une opération de 1,3 milliards d’euros, c’est un effet de levier de 1 à 10.
Qu’est ce qui a motivé le président de la Région à augmenter sa participation ? Avez-vous fait pression ?
Laurent Wauquiez s’est souvenu des engagements qu’il avait pris à hauteur d’un tiers de la part des collectivités. L’étude qu’il a commandé sur le réaménagement de l’A47 montre que l’investissement sur l’A47 serait aussi important, de l’ordre de 900 millions d’euros, avec une durée de travaux de presque 20 ans - 10 ans d’études préalables et 10 ans de construction - et avec une somme de problèmes qui n’étaient pas résolus. Je pense notamment à la durée de délestage, aux 2 fois 3 voies qui n’étaient pas possibles sur tout le trajet. Lorsque l’on prend en compte toutes ces considérations, l’A45 apparait comme indispensable.
L’opération Poste / Weiss prend forme. C’est une avancée importante pour le projet urbain de Châteaucreux …
Oui. Cela fait dix ans que l’on avait à cet emplacement une friche. Différents projets n’avaient pas abouti. La vente de ce terrain est le lancement d’une opération attendue depuis longtemps. C’est un emplacement « numéro un ». Il ne fallait pas y faire n’importe quoi, mais il ne fallait pas le laisser en terrain vague. Le projet de nouveau tramway, qui est un nouveau projet, va aussi venir densifier ce centre autour du Soleil et de Châteaucreux.
Ce prolongement vers le nord de la troisième ligne de tramway a en effet été un facteur de décision pour Vinci…
Cela montre l’intérêt multimodal du site. Je pense que cela a été un élément déclencheur.
Un certain nombre de réserves foncières sont disponibles le long de cet axe...
Ce sont plus d’une vingtaine d’hectares qui sont disponibles.
Comment allez-vous procéder pour la commercialisation de ce foncier ?
De la même façon que l’on a procédé pour Poste Weiss. Nous allons lancer des appels à candidatures, des appels à projets. Nous évaluerons ensuite en fonction des critères que nous aurons fixé dans le cahier des charges les futurs acquéreurs. Nous avons déjà présenté ce projet lors du MIPIM. Cette ligne de tramway intéresse énormément les investisseurs et promoteurs. Plusieurs sont venus voir sur site ce qu’on leur décrivait lors de ce salon.
Sur l’aspect ferroviaire, comment voyez-vous l’évolution de ce pôle de Châteaucreux ?
Je vais me battre pour trois sujets. Tout d’abord sur l’accroissement des fréquences entre Saint-Etienne et Lyon en train direct, parce que je crois que c’est comme cela que l’on attirera des entreprises, en réduisant les distances entre les deux villes… Cela va faciliter le quotidien de dizaines de milliers de passagers qui l’utilisent tous les jours. Ensuite, le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise nous permettra un accès direct à Saint-Exupéry. Enfin, la liaison POCL nous permettra d’avoir une liaison directe sur Paris sans passer par Lyon. On gagnera presque une demi-heure.
Vous avancez de concert sur ce sujet avec Olivier Bianchi, le maire de Clermont…
Oui, ainsi qu’avec le maire de Roanne.
Comment sentez-vous l’évolution de ce dossier ?
Il est sorti des radars des plans d’investissement de la SNCF, donc ce n’est pas gagné d’avance. Mais pour notre territoire, cela représente un intérêt certain, donc nous allons œuvrer pour cela. Une fois que le TGV arrivera à Roanne, il n’y aura pas grand-chose à faire pour le relier à Saint-Etienne, et cela nous permettra d’avoir un accès direct sur Paris, tout en allégeant la gare de Part-Dieu. Tout le monde y sera gagnant.
