Brice Boullet, de location-etudiant.fr, répond aux principales questions sur le logement étudiant.
Quel est le bon moment pour commencer à chercher un logement étudiant ?
Plus on effectue les recherches tôt, plus on a de chances de trouver un logement étudiant qui correspond à ses attentes. Les premières personnes qui commencent à chercher commencent à le faire au mois de mars. Soit vous vous y prenez très tôt : le but n’est pas tant de trouver un appartement dès le mois de mars, mais plutôt d'avoir la capacité d'ajuster le tir en fonction des recherches et des situations qui se présentent, pour à la fin pouvoir trouver un logement qui soit conforme à ce que l'on souhaite. Le souci de le faire à partir du mois de juin ou du mois de juillet, c'est que tout le monde le fait en même temps, et il faut à ce moment-là sauter sur tout ce qui bouge pour pouvoir être sûr d'avoir un logement pour l'année universitaire prochaine. Dans ces conditions, il y a moins de choix. Plus on avance dans le temps, plus les concessions sont importantes.
En ce moment, cela reste malgré tout la grosse période en termes de recherche ?
La période la plus importante se situera en fait au moment des résultats du bac. Le problème majeur qui se pose pour les étudiants et pour leurs familles, c'est qu'ils ne sont jamais sûrs des résultats de leurs examens. Bien souvent, dès que l'on a les résultats du Bac, on se rue pour rechercher un appartement. C'est là tout le paradoxe de la situation : même si l'on veut être prévoyant, on ne peut pas forcément le faire, du fait de cette incertitude. Imaginez qu'un enfant n'ait pas son examen, et que la famille ait réservé pour un an… C'est pour cela que c'est une situation un peu compliquée.
Dans ces cas-là, il vaut mieux avoir son baccalauréat du premier coup…
Oui, effectivement… En vérité, cela dépend du type de logement auquel vous prétendez… Supposez une résidence étudiante, et là, la réservation se fait sur un an, sous réserve de l'obtention ou non de l'examen. Simplement, les résidences étudiantes et cités universitaires ne sont qu'une petite partie du logement étudiant, puisqu'il existe 2.2 millions d’étudiants. Sur ce chiffre, 1.5 million vont se loger hors du domicile familial tous les ans. Il existe à peu près 150 000 places de Crous –c'est-à-dire cité universitaire – et 200 000 à 250 000 places de résidences étudiantes privées. Avec les nouvelles résidences qui se construisent, on peut donc dire que de 400 000 à 500000 étudiants se logent chaque année en cité U / Résidence Université. La grosse partie des étudiants va donc se loger dans le parc locatif privé, comme les studios, 2 pièces, ou encore chambre de service…
Cela fait donc 1 million de personnes qui choisissent le parc locatif privé…
Dans ce million-là, on va retrouver tous ceux qui n’auront pas accès aux cités U et aux résidences étudiantes. On va retrouver le logement chez un particulier, ou la location classique, mais également le logement intergénérationnel, la colocation, et tous les autres types de logement, qui unitairement, sont très faibles, mais qui au vu de leur nombre, représentent au total 10 à 15% du total des logements.
Quels sont les principales choses à prendre garde en matière de logement étudiant?
Il faut d’abord définir son budget mensuel et voir avec le garant quelle somme il est prêt à investir sur 12 mois. Après, plus on s’y prend tôt, plus on aura le temps de voir ce qu’il y a par rapport au budget que l’on s’est fixé, et surtout ne pas sauter sur le premier appartement que l’on trouve. Plus vous vous y prenez tôt, plus vous pouvez visitez, plus vous vous y prenez tard, moins vous pouvez. Dans le même temps, il faut le faire de façon extrêmement concentrée : il ne faut pas attendre pour visiter un logement étudiant. C’est comme cela que l’on arrive à trouver quelque chose qui correspond à ce que l’on cherche. Il faut donc être extrêmement réactif. Ceci est valable pour toutes les grandes villes étudiantes, comme Paris et Lyon mais aussi Marseille, Bordeaux, Toulouse.
Quelle est la solution la plus économique pour se loger?
Si on se base sur l’aspect économique pur et dur, certaines sont évidemment beaucoup plus économiques que d’autres. Le problème c’est l’économie par rapport au confort que vous avez par la suite pour travailler. Pour le logement intergénérationnel, vous pouvez peut être avoir une chambre pour 50 euros par mois en contrepartie de beaucoup de temps pour vous occuper d’une personne âgée. Sauf qu’il faut remettre ça dans le contexte de l’année : vous êtes disponibles pour la personne chez qui vous êtes, donc moins pour les études. Est-ce que c’est un bon calcul ? Cela dépend de la masse de travail que demande la filière et du temps disponible que vous avez… Si vous avez beaucoup de travail, ce n’est peut-être pas la meilleure chose. En revanche, pour quelqu’un qui a beaucoup de temps, ça peut être très bien. Concernant la colocation, c’est la même chose, sauf que là, ça se pose en termes juridiques : tous les colocataires sont solidaires entre eux, même si l’un d’entre eux s’en va au bout de 4 ou 5 mois. Dans le mesure où il a signé le bail avec les autres, il est responsable au même titre que les autres jusqu’à la fin du bail. D’un point de vue humain, c’est également compliqué d’aller dans un appartement avec des gens que l’on ne connait pas, mais aussi avec des gens que l’on connait, car c’est parfois difficile de vivre ensemble pendant une année. Ce sont donc des choses à prendre en compte. Après, le moins cher reste la cité U, et le plus cher les appartements ou résidences étudiantes en centre ville.
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