L’ONTSBTP a livré courant décembre son analyse sur le marché du bâtiment en 2010, et ses prévisions pour l’année à venir. Zoom sur les perspectives du secteur en 2011.
L'Observatoire National des Travaux et Services liés au Bâtiment et aux Travaux Publics publiait le 15 décembre dernier son étude concernant la conjoncture dans les corps de métiers liés au BTP. Au terme de cette année, on constate que 2010 aura, selon l’observatoire, connu deux temps bien distincts. Après un premier semestre en demi-teinte, le secteur du bâtiment connaît depuis le début du deuxième semestre une stabilisation de son activité, malgré des indicateurs toujours négatifs, comme un marché de l’emploi mal orienté, des carnets de commandes jugés encore inférieurs à la normale, des capacités de production sous-utilisées ou encore un niveau des prix qui continue de chuter.
Néanmoins, depuis septembre, l’observatoire pointe des motifs d’optimisme, au rang desquels on peut trouver des taux d’intérêts au plus bas, des délais d’écoulement de l’offre commerciale qui retrouvent leur niveau d’avant crise et des investissements étrangers dans les bâtiments tertiaires qui font leur retour. Il prévoit une poursuite de la tendance dans le résidentiel neuf, la construction de maisons individuelles, et le logement collectif au premier semestre.
Dans l’immobilier de bureau, la reprise devrait en revanche se faire attendre. « La dynamique sur les locaux n’est malheureusement pas aussi lisible sur 2011 et il faudra attendre 2012 pour s’assurer de la durabilité de cette reprise » note ainsi l’observatoire.
L’observatoire décrit en outre des différences suivant les sous-secteurs que sont le gros œuvre, les secteurs du couvert, et le second œuvre. Suivant ces sous-secteurs, cette tendance générale est à affiner.
Le gros œuvre en première ligne dans la crise
Après avoir été touchées de plein fouet par la crise de 2008-2009, les professions du gros œuvre ont perçu une certaine amélioration en 2010. « En réalité, il faudrait certainement mieux parler de décélération de la décroissance plutôt que de réelle amélioration conjoncturelle » tempère néanmoins L’ONTSBTP. « En effet, il est attendu sur 2010, certes une amélioration conjoncturelle de l’ordre de 6 points, mais qui ne permet pas aux métiers du gros oeuvre de trouver une stabilisation à l’issue de près de 24 mois de décroissance » indique l’étude. Néanmoins, 2011 devrait donc s’illustrer par une reprise progressive, avec une croissance de l’ordre de 1,6 %, soit près de 2 points de mieux qu’en 2010.
Pas de soutien du Grenelle pour le secteur du couvert
L’ONTSBTP note également que la crise masque les effets positifs du Grenelle sur le secteur de la rénovation et du couvert. La loi aurait normalement dû permettre de donner une impulsion aux métiers des Charpente/Couverture, Ravalement/Isolation, Menuiserie/ Vitrerie, Plâtrerie/Plaquiste. Or la croissance s’avère tout juste positive à +1 %, ce qui selon l’organisation est une performance « décevante au vu des effets d’annonce du Grenelle de l’Environnement, mais qui reflète bien le poids marginal de ces marchés ». Pour 2011, l’observatoire table pour ces métiers, sur une croissance du même ordre en 2011 avec une croissance de 1.3% relativement à 2010.
Une reprise plus tardive pour le second-oeuvre
Pour sa part, le second œuvre, qui avait connu une situation conjoncturelle privilégiée au cours des 24 derniers mois du fait de son positionnement en aval de la chaîne de valeurs du bâtiment, a connu une évolution plus mitigée. Souvent leur positionnement entraînent un décalage pouvant égaler jusqu’à 18 mois entre la mise en chantier et l’intervention de ces métiers. De ce fait la crise de 2008-2009 n’a eu d’incidence négative qu’à partir de cette année, tant sur les chantiers que sur les carnets de commandes. L’observatoire prévoit ainsi pour ce sous-secteur un retour à une croissance positive de l’ordre de +1% en volume seulement fin 2011, voire même début 2012.
