Une récente étude de l’INSEE met en exergue le danger que représente la hausse du coût des transports pour certains territoires. Rhône-Alpes est toutefois relativement épargné.
Que se passerait-il en cas de forte remontée trop forte des prix du transport ? L’INSEE a présenté ce mois-ci une étude mettant en évidence les possibles conséquences d’un tel scénario. Car aujourd’hui, selon l’INSEE, plus de la moitié des actifs occupés (56 %) dans le Grand Sud Est travaillent désormais hors de leur commune de résidence. Cette part a ainsi progressé de 7 points entre 1990 et 1999 puis de 3 points entre 1999 et 2006. Les taux les plus élevés, note l’INSEE « sont atteints dans des zones de Rhône-Alpes très dépendantes d'un pôle d'emploi extérieur (Genevois français, Ambérieu, Bourgoin-La Tour-du-Pin, Voiron, Vienne- Roussillon,...) ». D’où la possibilité d’une fragilité accrue de ces territoires en cas de hausse des couts du transport.
Les distances domicile-travail s'allongent
Car les distances domicile-travail sont assez fortes en Rhône-Alpes avec une moyenne de 11,1 km. La distance maximale s’observe dans les zones à dominante périurbaine de la région comme Ambérieu, Bourgoin-La Tour-du-Pin, Vienne-Roussillon ou Voiron. Or l’un des problèmes afférent à ce phénomène est que le transport menant au travail s’effectue souvent en voiture : La part des transports en commun n'est que de 10 % en Rhône-Alpes, même si elle atteint 18 % à Lyon, et se situe entre 14 % et 9 % pour Grenoble et Saint-Étienne.
Lyon se distingue en effet par la couverture en transports urbains, qui atteint la plus forte part dans le Sud est : « la zone d'emploi de Lyon se détache nettement avec une fréquentation annuelle de 223 voyages par habitant » note ainsi l’INSEE, du fait de la qualité de son réseau de transport. D’ailleurs, la tendance à la fréquentation du réseau de transport en commun est globalement à la hausse en Rhône Alpes : « la part des transports en commun passe de 9,4 % en 2004 à 11,4 % en 2009 ».
Le tramway, vecteur d'amélioration
En parallèle, la part de la voiture a baissé dans le Grand Sud-Est, passant de 75,4 % en 2004 à 73,8 % en 2009. Le tramway est cité par l’INSEE comme l’un des vecteurs à une hausse de la fréquentation du réseau : « Les communes où le réseau de tramway a été créé ou étendu ne représentent que 17 % de la population active du Grand Sud-Est, mais elles expliquent à elles seules 50 % de la hausse du nombre d'usagers des transports en commun » note l’institut.
Lyon, Grenoble et Marseille sont ainsi vues comme les métropoles les mieux équipées pour faire face à une hausse des contraintes de déplacement, note l’INSEE, qui scrute a contrario 22 zones "en équilibre fragile". Mais finalement, peu de celles-ci se trouvent en Rhône Alpes : seuls les bassins de Roanne, territoire en crise ou en manque d’attractivité, et une partie de l’Ardèche sont dans ce cas et aucun n’est à risque.
