<p>Vue de Bron Est (image Gilles Perreal CC BY-SA 3.0)</p>
Pour Alain Simonet, gérant de l’agence Solvimo à Bron, acquéreurs et vendeurs anticipent déjà l’extension du tramway T2.
Quel a été l’environnement général du marché immobilier à Bron durant ces dernières années? L’arrivée du tramway a-t-elle changé les choses ?
Oui, l’arrivée du tramway a vraiment dynamisé le marché et fait de Bron un marché de report de Lyon. Beaucoup de lyonnais qui ont des budgets limités et qui n’ont plus les moyens d’acheter à Lyon intra muros n’hésitent plus à venir s’installer sur Bron, du fait notamment du tramway, qui met la ville à quelques minutes du centre de Lyon.
L’impact de l’arrivée de cette ligne a-t-il été immédiat ?
On peut même dire que le marché l’anticipe. On le voit aujourd’hui sur la ligne de prolongement du tramway T2 jusqu’à Eurexpo. Celle-ci, qui est en train d’être construite, ne sera pas en service avant deux ans, mais on sent déjà que le marché bouge autour du tracé. Les vendeurs n’hésitent pas à monter les prix aux abords de cette future ligne, et les acquéreurs également en se portant acquéreur de biens dans ce secteur dans la perspective de l’arrivée du T2. Il y a donc une vraie demande à proximité de cette ligne.
| Secteur/Type | T3 Bron Mairie | T3 Bron Nord, Terraillon |
|---|---|---|
| Prix indicatif en €/m² | 2600 | 2000 |
En 2008, Bron avait-il souffert de la chute du marché ?
Il y a eu à cette époque une grosse baisse d’activité. Le marché s’était inversé : on trouvait alors beaucoup de mandats et peu de vendeurs. On a constaté à cette époque une baisse de 5% à 10% des prix.
Quel est le secteur le plus prisé de Bron ?
Le secteur le plus coté, c’est évidemment le Vieux-Bron, à proximité de la place de l'église, mais également le secteur de la Mairie, où l’on trouve beaucoup de commerces, là où, justement, le tramway passe aujourd’hui. A contrario, on a des secteurs moins demandés, comme le quartier de Terraillon, qui est voué à être restructuré, mais également les quartiers périphériques, à l’exception de l’Ouest de Bron, qui reste assez coté.
Sur quels niveaux de prix se situe-t-on à Bron ?
Pour un T3 ou un petit T4 en bon état de 65m2 avec ascenseur, bien situé avec vue sur l’Eglise ou la Mairie, il faut compter sur un budget de 170.000 euros, soit près de 2600 euros du mètre carré. Sur des biens de moins de 5 ans dans une résidence récente, à proximité de l’Eglise, on les prix seront néanmoins supérieurs à 3000 euros le mètre carré. En revanche, sur Bron Nord, on sera plus proche des 2000 euros le mètre carré. Sur Terraillon, il y a quand même des transactions. Certains secteurs de ce quartier vont être restructurés. Certains biens sont déjà préemptés par la mairie et voués à la destruction.
La présence de nombreux axes autoroutiers est-elle, pour vous, un atout ?
C’est un atout, car l’accès rapide aux axes routiers fait partie des demandes récurrentes des futurs propriétaires. Les gens habitent Bron mais ne travaillent pas forcement à Bron. Ils ont donc besoin, pour se rendre sur leurs lieux de travail, d’avoir accès au périphérique ou à l’A43.

Ressentez-vous l’impact de la hausse des taux d’intérêts ?
Non, nous ne ressentons pas d’impact. Même si on en parle avec nos clients, et qu’ils en ont conscience, la hausse reste minime : les taux restent à des niveaux très attractifs. Nous avons de plus beaucoup de primo-accédants, qui bénéficient par ailleurs des nouvelles mesures liées au DPE et au PTZ+. Nous avons eu, dès janvier, des demandes sur ce type d’acquéreurs des demandes récurrentes sur les classements énergétiques. Nous avions par exemple un client très intéressé par un appartement qui a renoncé à son projet en apprenant que le bien était classé E et non pas D. Il y a, il est vrai, un gros impact sur le financement.
Sur le type de population qui vient s’installer sur Lyon, on a donc beaucoup de primo-accédants ?
On a beaucoup de familles, car il y a beaucoup de complexes scolaires sur Bron, et beaucoup de primo-accédants. En même temps, cela reste assez équilibré. Il y a beaucoup de maisons sur Bron, notamment sur Bron Eglise, et Bron Mairie, de part et d’autre de l’avenue Franklin Roosevelt. Le long du Boulevard Pinel, nous avons également des maisons de maître du début du siècle, qui se vendent entre 800.000 et 1 million d’euros.
L’aéroport de Bron est-il gênant ?
Il n’y a pas de gêne particulière. On ne voit pas et on n’entend pas les avions à Bron. A quelques très rares endroits, les avions passent un peu plus bas pour atterrir, et on pourrait peut-être être gêné, mais cela reste très limité.
Pour conclure, quels sont, pour vous, les principaux avantages à acheter sur Bron?
A mon sens, c’est l’environnement et la proximité de Lyon. Venir s’installer à Bron permet de se dégager des contraintes de circulation et de stationnement que l’on peut retrouver à Lyon, tout en restant proche du fait de l’accès au tramway et au métro Mermoz Pinel. L’intérêt réside également dans les prix qui sont aujourd’hui à des niveaux bien inférieurs à ceux de Lyon intra-muros.
(Photo: Wikimedia GNU-CC / Gilles Perréal et Wikimedia GNU-CC /Romainberth)
