« Tassin fait partie de Lyon »

Pierre-André Ruozzi, responsable de l'agence Le Home à Tassin-la-demi-lune, nous parle du marché immobilier sur la commune.

Quelle a été l’évolution des prix sur Tassin la demi lune au cours de la dernière année ?

On a eu une arrivée importante de programmes neufs, qui se sont fait dans le cadre de la restructuration du centre de Tassin, tout autour de la Mairie. Tous les programmes qui ont été mis en route il y deux ans arrivent en ce moment sur le marché. Comme d’usage, plus des deux tiers partent en Scellier, l’autre partie étant du résidentiel. Les prix appliqués permettent de fixer le marché, en tirant les prix de l’ancien et même du récent, des biens de 10-15 ans de bonne qualité ayant encore une valeur importante. Pour vous donner une fourchette de prix, nous sommes sur des appartements neufs, entre 3500 et 4000, sur du récent, nous sommes sur une fourchette de 3000 euros, sur des immeubles d’une vingtaine d’année, nous sommes sur du 2500 euros, et sur les immeubles très anciens à connotation sociale, nous sommes plutôt sur des prix compris entre 2000 et 2500 euros. Bien sûr, ces chiffres sont soumis à toutes les variations liées à la localisation du bien, de son étage, des prestations et de l’état dans lequel il se trouve.

Sur le marché de la location justement, quelles ont été les conséquences ?

Le Scellier amène une offre importante pour la location, qui s’écoule à un rythme convenable. Cette surabondance d’offre, apparue depuis deux ans, induit un temps raisonnable pour les écouler. Le gros problème, c’est que les prix se font au détriment des appartements anciens, qui n’offre pas le même confort que les appartements neuf. Ainsi, un T2 qui a 15 ans, que l’on loue habituellement entre 450 et 500 euros est confronté avec un T2 en Scellier qui se louera autour des 600 euros. Cette différence, certes notable mais somme toute relative du fait des aides, fait que les locataires préfèrent tous le neuf.

Est-ce que les investisseurs ont des difficultés pour les biens achetés sous ce régime d’incitation à l’investissement locatif?

Non, on reste sur les bases du Scellier. Il est vrai quand on programme tout seul après un certain délai de non-offre, les biens s’écoulent rapidement, car la demande préexiste. A l’inverse, quand on sort deux immeubles neufs entièrement en location de 70 et 40 logements arrivent sur le marché, cela ne se loue pas en un mois. Sur Tassin, le parc a augmenté de 200 logements.

Cette abondance de programmes neufs en centre-ville n’est d’ailleurs pas toujours bien accueillie par les habitants. D’autant que l’arrivée de ces familles implique des demandes supplémentaires en termes d’écoles, de crèches, et d’infrastructures sociales… Mais cet état de fait est propre à la politique générale de l’agglomération. Jusqu’il y a quelques années, le développement se faisait sur les communes extérieures de l’agglomération, transformant les communes de première périphérie en véritables autoroutes : quand les gens habitent sur Pollionnay, ils passent ainsi sur Tassin. L’agglomération a donc décidé de densifier les communes les plus au centre de l’agglomération. Pour cela, elle a notamment libéré des contraintes pour construire en collectif. Des maisons avec des petits terrains ont ainsi été vendues pour abattre des maisons et édifier des immeubles neufs.

Sur les maisons, on est sur quels niveaux de prix ?

Il y a deux secteurs : l’un en centre-ville, et la périphérie. La maison classique des années 60 non loin du centre, dans des zones précentrales, on est sur des budgets de 450.000-550.000 euros. Sur les zones plus résidentielles, comme le chemin de l’Aigas, on sera sur des prix de 750.000-800.000 euros. Je ne parle pas ici des propriétés début de siècle avec double volée d’escalier, qui se négocient dans des niveaux de prix supérieurs à un million.

Quel type de population vient s’installer à Tassin aujourd’hui ?

C’est pour une partie minime des primo-accédants. L’offre est abondante mais les prix sont difficiles d’accès pour ce type de population. Il y a une proportion importante de cadre moyen et supérieur profitant d’une première revente, qui souvent travaillent sur la Techlid, laquelle s’étend sur Limonest ou Dardilly. Nous avons également une clientèle de retraités fortement solvabilisés qui ont revendu une maison dans le secteur, qui disposent donc d’une somme importante issue de leur première revente, et qui achètent des appartements sur Tassin. Nous avons également des gens qui travaillent dans Lyon et qui sont attirés par le côté résidentiel de l’ouest lyonnais. On peut dire que Tassin fait partie de Lyon, c'est un arrondissement de Lyon disposant d'une vraie vie de secteur. Il y a un marché tous les deux jours, des loisirs avec notamment les possibilités de randonnée dans les Monts du lyonnais, et une rapidité en termes de déplacement. Coté transports, nous avons le tunnel de Fourvière à proximité, qui nous met à quelques minutes du centre-ville, les autoroutes, le TER avec un cadencement augmenté qui nous met à quelques minutes de Saint-Paul, et puis le métro avec Gorge de Loup.

Avez-vous senti les effets du DPE, et son impact en termes de financement à travers le PTZ+ ?

Nous voyons assez peu de PTZ+, et par conséquent nous avons peu d’impact sur le financement. Pour le seul aspect de la performance énergétique, celle-ci est peu décisive, car en fait très liée à l’année de construction.

 






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