Pour Laurent Michelin, de l’agence Michelin Immobilier à Champagne au Mont-d’or, le marché local n’a pas connu la crise.
Comment se porte le marché champenois depuis le début de l’année ?
On ne peut pas dissocier le marché de Champagne du reste des Mont-d’Or : Champagne est porté par le secteur, tout comme les autres communes. Donc il n’y a pas de baisse de prix, loin de là : nous sommes sur un marché qui se porte bien, avec des chiffres en évolution par rapport à 2008, 2009, et 2010. La seule modification que l’on observe est plus sur le comportement des acheteurs : l’acheteur est de plus en plus aguerri. On a un peu moins d’acquéreurs : par contre nous sommes en face d’acquéreurs qui ont déjà vendu, qui ont leur prêt, leur financement, et qui savent ce qu’ils veulent et quel prix cela vaut. Pour notre part, nous faisons moins de visites, mais plus de ventes : cela laisse néanmoins un pourcentage d’erreur plus limité. Il est clair que les touristes ne sont plus là : le marché a été assaini, et la crise a fait un peu de ménage dans la profession.
Sur le marché de Champagne, on est sur un marché assez partagé, en termes d’habitat, entre les maisons et les appartements …
Il y a une grosse mixité. Le village fait 5000 habitants et est coupé en deux par l’ex Nationale 6. On a une grosse mixité sur la partie ouest de Champagne, entre appartements et villas, et on a le côté bourgeois à l’est avec les grosses propriétés.
Quels sont les prix appliqués à Champagne ?
La fourchette est assez large : on peut avoir de l’entrée de gamme en copropriété, sans balcon et sans ascenseur, années 60, vendus à un prix de 2000 euros le mètre carré. Pour prendre l’autre extrême, nous avons également des studios neufs de 25m² spécifique investisseurs, vendus sous loi Scellier, à des prix de 5000 euros le mètre carré. Nous avons le marché des jeunes travailleurs, et notamment ceux qui souhaitent rester assez proches du frigo de leurs parents !
Sur les maisons, quels sont les produits les plus vendus ?
La demande est surtout centrée sur les maisons allant de 400.000 à 600.000 euros pour la petite maison familiale avec ses 600 m² de terrain et 130 mètres carrés habitables. En-dessus, on passe rapidement à des gammes supérieures pour des maisons bourgeoises avec parc, avec des prix supérieurs au million d’euros voire beaucoup plus.
Sur le marché du haut de gamme, voit-on beaucoup de transactions ?
Il y a très peu de produits, donc quand vous faites quelques opérations au-dessus du million d’euros chaque année, c’est déjà bien. Aujourd’hui, on ne vit pas sur des maisons haut de gamme, mais bien avec la maison de famille ou l’appartement de type F3-F4.
Sur Champagne même, y-a-t-il eu beaucoup de programmes neufs dans les trois dernières années ?
Oui, nous en avons commercialisé plusieurs, et notamment une à une moyenne de 4200 euros le mètre carré. C’est d’ailleurs là où l’on pouvait trouver des prix de 5000 euros le mètre carré en investisseurs. C’était une résidence assez haut de gamme, labellisée BBC.
Justement quel a été l’impact du BBC sur les dernières constructions ?
Il y a eu un impact de mode : les gens ne connaissent pas forcément le BBC et ses contraintes. Le BBC est un outil précis : il faut l'utiliser, ne pas trop le ventiler. C’est une éco-logistique de l’appartement qu’il faut respecter scrupuleusement. Il faut être un élève appliqué. Ça a été une mode, notamment chez l’investisseur qui souhaite défiscaliser. L’acquéreur de maison préfèrera nettement aujourd’hui la maison passive, ou très haute performance énergétique (THPE)que le BBC, qui n’est pas forcément très porteur.
