Le président s’est de nouveau déclaré favorable à un maintien du droit de plantation, une mesure qui vise à éviter la surproduction dans le vin.
En se rendant hier au cœur des Côtes-du-Rhône, à Chateauneuf-du-Pape dans le Vaucluse, Nicolas Sarkozy entendait bien parler viticulture, l’une des filières d’excellence au sein de l’agriculture française. Très active à l’exportation, celle-ci est l’une des plus importantes au monde, avec un poids de 8 milliards d'euros d'excédent pour la balance commerciale, et 20% de la production mondiale de vin. Le président de la République a ainsi rappelé que la France avait récemment repris la première place mondiale à l’export en valeur.
Il a pour cela réaffirmé son soutien à la viticulture française, en marquant son opposition à la suppression du droit de plantation, une mesure que la filière hexagonale voit d’un très mauvais œil. L’abandon de ces droits est programmé au plus tard au 31 décembre 2015, ou au 31 décembre 2018 pour les États de l’Union Européenne qui le décident. Une mesure qui intervient à rebours des mesures d’arrachages de vignes réalisées dans les années 90 et 2000, lesquelles avaient pour but, à l’inverse, de limiter la surproduction. Un phénomène qui avait indirectement contribué à libérer du foncier dans certaines zones rurales, et notamment dans certains secteurs du Beaujolais.
Un pays manque à l’appel
Mais la Commission européenne a poussé en 2008 à la conclusion d’un accord visant à réintroduire de la concurrence dans le secteur, via la suppression, à l’échelle des pays, et pour ceux qui le souhaitent, des droits de plantation.
Or la France, soutenue par l’Allemagne souhaite un retour aux droits de plantation. Une proposition de résolution tendant à rétablir ce régime avait été adoptée en février par la commission des affaires européennes du Sénat. Pour l’heure, la France, sur les 27 pays de l’Union Européenne, n’a réussi à en convaincre que 13. Il manque donc un pays pour arriver à la majorité qualifiée. La nouvelle réforme de la politique agricole commune (PAC) pourrait être l’occasion de revoir ce projet de mesure.
