Les ministres du budget et de l’Economie devront, dans les 15 jours, faire des propositions concernant la réduction des déficits publics, afin d'éviter une propagation de la crise de la dette à la France.
Au terme d’une réunion de travail convoquée ce matin à l’Elysée, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a donné un ultimatum à ses ministres pour aller plus loin dans la réforme de ses finances publiques. Les ministres du budget et de l’Economie, Valérie Pécresse et François Baroin, auront deux semaines pour prendre des décisions définitives visant à s’assurer l’objectif de réduction des déficits des comptes publics.
Des hausses d’impôts sont pour l’heure exclues : «il s’agit d’abord de mesures de réduction des niches fiscales » a confié Valérie Pécresse à BFM TV. « Nous avons déjà pris l’engagement de supprimer pour 3 milliards d’euros de niches fiscales pour 2012. Peut-être faudra-t-il faire un effort supplémentaire. Si il faut (le) faire (…), nous le ferons» a-t-elle expliqué, alors que le contexte financier international demeure très incertain, au surlendemain de séances très agitées tant sur les marchés d’actions que sur les marchés obligataires.
« Nous ne dévierons pas d’un pouce »
« Quels que soient ces paramètres extérieurs, nous prendrons les mesures nécessaires » a pour sa part indiqué François Baroin dans la conférence de presse consécutive à cette réunion. « Nous ne dévierons pas d’un pouce de ces engagements de réduction des déficits » a de la même façon martelé Valérie Pécresse.
Le chef de l’Etat a quant à lui, dans un communiqué, « constaté que les décisions prises par les institutions européennes et américaines ont permis de réduire les tensions sur les marchés » tout en se félicitant qu'en Europe, « les mesures décidées par les autorités espagnoles et italiennes ainsi que les interventions de la BCE ont été efficaces pour réduire de manière significative les taux d'intérêt sur la dette de ces deux pays ».
Réunion « d’anticipation»
D’un point de vue plus politique, Nicolas Sarkozy pense quant à lui que « les évolutions actuelles valident la stratégie économique conduite par le gouvernement » et notamment la réforme des retraites adoptée en 2010, qui a, elle, permis de renforcer de manière durable "la soutenabilité à long terme des finances publiques" et de conforter « le crédit de la France ».
Cette réunion « d’anticipation » décidée par le chef de l'Etat a néanmoins eu pour effet de faire naitre des rumeurs sur les marchés, notamment celle d'une possible perte du triple A par le pays, malgré les récentes déclarations très rassurantes S&P à ce sujet. Relayée par BFM Business, elle semblait toutefois confinée à certaines salles de marché, les taux de l’OAT 10 ans étant en outre orientés nettement à la baisse en milieu d’après-midi. Si la perte du triple A ne semble donc pas d’actualité, on pourrait néanmoins légitimement s’interroger si cette réunion ne tendait pas à anticiper une possible déception quant aux chiffres de la croissance au deuxième trimestre en France, les chiffres du PIB étant attendus vendredi.
