Antoine Leempoels, secrétaire général adjoint de la CAPEB du Rhône, nous parle du ressenti des adhérents de la confédération vis-à-vis des récentes mesures fiscales, et de la conjoncture actuelle dans l’artisanat du bâtiment.
Est-ce que vous percevez une inquiétude au sein des artisans du bâtiment ?
Certains adhérents sont inquiets du durcissement du régime des heures supplémentaires. Le fait de vouloir toucher à beaucoup de niches fiscales, aux heures supplémentaires, au développement durable les inquiète. La baisse des crédits d’impôt sur les matériaux d’isolation concerne également nos adhérents : certains particuliers ne commandaient en effet que vis-à-vis de ces aides fiscales. Après, on ne peut pas éternellement soutenir le marché par des aides sur des niches fiscales, comme dans le photovoltaïque. Certaines entreprises n’avaient basé leur activité que sur des aides fiscales. Aujourd’hui, on se rend compte qu’au mieux, ces dernières ont dû se recentrer ou au pire ont mis la clef sous la porte. La fiscalité a une importance primordiale dans le bâtiment.
A la veille de la rentrée, comment se porte l’artisanat du bâtiment ?
Lorsque l’on interroge nos adhérents, on a des sons de cloche différents, même si globalement, l’activité est meilleure que l’an dernier à la même époque, où le tableau était relativement plus noir. Beaucoup d’entreprises ont de l’activité. Les prix ont globalement baissé, pas forcément chez les particuliers, où on a quand même une baisse du montant des commandes en général pour un travail équivalent. Le volume, lui, semble être un petit peu reparti. Chez les particuliers, les artisans nous disent que l’activité reprend petit à petit. Toutefois, beaucoup d’entreprises avaient licencié en 2010 : certains artisans ont une activité qui correspond à leur niveau d’emploi, tout en sachant qu’ils ont réduit de 10% à 50% leurs effectifs. Nous ne sommes pas au niveau d’activité, ni au niveau d’emploi de fin 2008.
D’autant que l’artisanat du bâtiment est toujours un peu retardataire sur le cycle économique…
C’est vrai pour les grosses rénovations et le neuf. On a vu qu’il y avait un an et demi de décalage, notamment pour certaines entreprises qui ont signé des marchés en 2009 et qui les ont réalisé en 2010. Mais pour la plupart, nos adhérents sont chez les particuliers. Là, le décalage est nettement moins marqué. Ces derniers sont très réactifs. Côté carnets de commandes, ceux-ci, qui étaient plutôt de 4 à 6 mois en 2007-2008, étaient nettement redescendus en 2010, où les entreprises naviguaient à vue. Depuis quelques mois, ceux qui sont satisfaits savent ce qu’ils vont faire d’ici deux à trois mois. Ça redémarre donc avec des effectifs un peu plus bas.

1 réflexion sur “« La fiscalité a une importance primordiale dans le bâtiment »”