Gilles Vaudois, directeur de l’une des deux agences Laforêt de Villeurbanne, nous parle de l’évolution du marché immobilier dans la ville.
Comment avez-vous vu évoluer les prix sur Villeurbanne ?
En 2002-2003, les gens ne voulaient pas habiter Villeurbanne. Il fallait traverser la voie ferrée et les gens étaient réticents. En 2004, ils disaient la même chose, sauf que quand ont les rappelait pour savoir où ils avaient acheté au final, on se rendait compte qu’ils avaient acheté à Villeurbanne ! C’est pour cette raison que je me suis installé à Villeurbanne. Le marché est passé d’un marché locatif, très populaire, à un marché d’employés +, cadres moyens. Les commerces ont suivi le mouvement : beaucoup d’enseignes se sont installées. Même le niveau de chalandise du Monoprix a changé : ils sont montés en gamme. On a eu une chance fantastique : lorsque les prix sont montés en gamme, il y avait beaucoup de programmes neufs en livraison. Cela permettait d’étalonner les prix : on pouvait dire aux vendeurs : « vous ne pouvez pas être supérieurs aux prix des programmes neufs qui sortent ». Soit pour un immeuble des années 80, un prix inférieur de 20% à 30% du prix du neuf. Du coup, nous avons été préservé d’une hausse excessive, alors que Part Dieu Est, elle n’a pas connu la même évolution. Vu que la ZAC de la Buire n’était pas encore construite, et que les autres programmes étaient déjà livrés, les gens n’avaient pas de baromètre. Les prix se sont fait corriger par les acquéreurs. Des appartements sont restés longtemps à la vente sur Part-Dieu, alors que ce n’était jamais arrivé auparavant. Tout ça parce que les vendeurs se disaient qu’ils étaient à 200 mètres de la Part-Dieu, qu’ils étaient à Lyon, et qu’ils pensaient qu’ils devaient se placer sur la moyenne haute… Les vendeurs étaient attirés par la lumière et se sont brûlé les ailes. Le marché n’a pas répondu.
L’écart entre le neuf et l’ancien s’est-il accru ?
Il est beaucoup trop important à Lyon. Il y aura un réajustement des prix de l’ancien, comme je l’ai évoqué. Le neuf impacte peu l’ancien car il y a peu de neuf à Lyon, et le plus souvent il est hors de prix. Si Il y avait beaucoup de neuf, ce pourrait impacter l’ancien.
Un programme sort à Maisons neuves à 4000 euros du mètre carré, ça n’a donc pas d’impact ?
Non, car il y a peu de programmes neufs. Les promoteurs ne sont pas en concurrence dans le neuf. Si il y avait de la concurrence et beaucoup de foncier, les prix seraient plus bas. Or il y a peu de foncier disponible. On ferait alors référence à des programmes qui seraient à côté de chez soi. Aujourd’hui, il n’y a pas suffisamment de programmes pour pouvoir le faire. Ce n’est pas un programme à 4000 euros qui fait les prix de 95% du marché. Le neuf reste un épiphénomène. Seules des ZAC comme la Buire a eu un peu d’impact. Le Confluent n’a en revanche jamais été un baromètre pour les autres secteurs car il est excentré. C’est un quartier totalement neuf. A Lyon, nous avons eu une forte augmentation en 2000-2001 dans l’ancien, parce que nous avons rattrapé un retard accumulé au fil du temps. Avant cette hausse, nous étions moins chers que Grenoble, Annecy, ou Nantes. Nous avons subi la hausse moyenne de la Province, plus le rattrapage sur ces villes. A cette époque, nous trouvions encore dans le sixième arrondissement des appartements à 1300 euros du mètre carré, alors que ces appartements auraient dû être, à l’époque, aux alentours de 2000-2200 euros. Lyon a pris 25000 habitants en 20 ans. Il faut bien loger tout ce monde. La différence, par exemple, avec une ville comme Toulouse, c’est qu’il y a de l’étendue à l’extérieur où il y a eu beaucoup de programmes de promoteurs, ce qui n’a pas été le cas ici. Aujourd’hui, à Lyon, la petite maison dans la prairie est loin. Des secteurs comme Bourgoin-Jallieu ou Ambérieu ont capté une clientèle de lyonnais.
