Selon une récente étude de l’INSEE, le rayonnement du Rhône s’étend désormais bien au-delà des limites du département.
Lyon n’est plus « que » dans le Rhône. C’est en substance l'une des conclusions d’une récente étude de l’INSEE, qui a fait le point sur le rayonnement du département du Rhône dans la région Rhône-Alpes. Le département, l’un des plus petits de France, abrite une population importante, la troisième au niveau national hors Ile de France, derrière les Bouches du Rhône ou le Nord Pas de Calais. De ce fait, la densité de sa population est la première des 88 départements situés hors Ile de France.
Sa population y est également plus jeune que celle des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, de la Gironde ou encore de la Haute-Garonne. Elle tend en outre à augmenter « D'ici 2040, si les tendances se poursuivent, les projections démographiques indiquent une augmentation de la population de près de 300 000 habitants dans le département » note ainsi l’INSEE.
Un taux élevé de couverture de l’emploi
Cette dynamique du département du Rhône s’explique en grande partie par la présence de la métropole lyonnaise. Celle-ci rend en effet le département très attractif en matière d’emploi. 133 000 personnes d’autres départements viennent ainsi travailler chaque jour dans le Rhône. Son taux de couverture, avec 111,5 emplois localisés dans le département pour 100 actifs occupés résidents, de l'emploi reste assez élevé. Il a même eu tendance à augmenter depuis 1990, époque où il atteignait déjà 108 %. 17% des emplois sont ainsi tenus par des personnes résidant hors du Rhône.
Il faut dire que le taux de chômage du Rhône reste faible au regard des départements comparables, avec une moyenne de 8,7 % au cours de l'année 2010. « Ce département est sensible comme les autres à la conjoncture internationale mais après les périodes difficiles, le taux de chômage redevient en principe inférieur à celui des autres départements » note l’INSEE, du fait des fonctions métropolitaines et de secteurs à haute valeur ajoutée présentes dans l’agglomération, qui permttent d’amortir la crise.
Une forte mobilité
Géographiquement, on observe que les deux tiers des personnes extérieures venant travailler dans le département résident dans l’Isère et l’Ain. On constate ainsi 40.000 navettes domicile travail à destination du Rhône en provenance de l’Ain et 50.000 en provenance de l’Isère. Soit nettement plus, par exemple que la Loire (21.000), la Saône et Loire (4000) ou encore la Drôme (2600).
Concernant les mouvements de population, le renouvellement de celle-ci a été très important ces cinq dernières années, avec 160 000 arrivées et 180 000 départs. De ce fait, 12,3% des habitants sont installés depuis peu dans le département. « Les principaux mouvements se font avec le reste de la région Rhône-Alpes et en premier lieu avec l'Isère » note l’institut statistique. La mobilité résidentielle est surtout le fait des jeunes, un nouvel habitant sur quatre ayant entre 20 et 24 ans, avec un solde migratoire positif élevé chez les enfants scolarisés et les étudiants. « Avec 134 000 étudiants inscrits en 2009, l'université de Lyon est le premier site universitaire français hors Île-de-France » relève l’INSEE. Toutefois, après 25 ans, les jeunes actifs sont plus nombreux à quitter le département qu'à s'y installer, même si, entre 45 et 55 ans, le solde migratoire est moins négatif. Un nouveau solde de départ est toutefois constaté, après 60 ans, à l'âge de la retraite.
Conséquence au niveau immobilier de ces observations : la part des propriétaires dans l'ensemble des logements est plus faible dans le Rhône que dans les départements de comparaison (Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Gironde, Haute-Garonne). En outre les logements sociaux y sont beaucoup plus présents :avec 132 000 logements sociaux, la part des logements HLM est beaucoup plus élevée, 18% au lieu de 12%.
