Pour Jean-Pierre Flaconnèche, Maire du 7ème arrondissement de Lyon, le quartier de Gerland doit s’affirmer sur le double principe de mixité sociale et de mixité fonctionnelle.
Gerland est un quartier en pleine mutation, avec plusieurs projets d’aménagement. Dans quel cadre s’inscrit le développement du quartier ?
Ce qu’il y a d’exceptionnel, c’est que nous ayons, au cœur de la ville –Bellecour est à un kilomètre et demi de Gerland - des espaces qui nous permettent de réaliser des opérations d’urbanisme d’une certaine envergure. Gerland est un secteur du territoire lyonnais comme il n’y en aura sans doute pas d’autres, car tous les autres secteurs, y compris les autres arrondissements sont plus petits que ce secteur de Lyon. Ça nous permet de faire des choix par rapport à cet urbanisme qui sont un peu novateurs par rapport à ce qui a été fait jusqu’à maintenant. Ces choix, c’est notamment la mixité sociale. Historiquement, il y a là une implantation de gens qui ont travaillé dans les industries de Gerland de l’époque. Ces gens-là, d’origine italienne ou espagnole, sont ceux qui ont construit une partie de Gerland. Il ne faut pas que ces gens-là qui habitent encore le quartier se sentent exclus par le développement de ce secteur. Mais au-delà de cette mixité sociale, il y a aussi la mixité que l’on appelle fonctionnelle. Il faut ainsi faire en sorte, qu’au niveau des familles, il y en ait au moins un des deux qui puisse habiter à proximité de son lieu de travail, de manière à ce qu’il ne perde pas de temps dans les déplacements.
C’est pour cela que les ZAC accueillent tant des immeubles résidentiels que des bâtiments destinés au tertiaire, comme par exemple l’opération Ambre et Opale…
Nous essayons de tout inscrire dans cette logique. Il faut toutefois être très attentif à beaucoup de choses, pour faire en sorte qu’il y ait la possibilité de faire des choix qui ne remettent pas en cause cette mixité. Nous avons également le problème de l’implantation commerciale, qui ne se fait pas facilement, spontanément. Notre objectif est d’implanter au bon endroit les rez-de-chaussées qui sont susceptibles de créer de l’implantation commerciale ou artisanale. Il est bien évident que ce ne sont pas tous les rez-de-chaussées de notre ville, comme de n’importe quelle autre, qui sont susceptibles d’accueillir avec efficacité des commerces de proximité. Pour que ces derniers marchent, il faut qu’ils soient reconnus et désirés par les habitants du secteur, mais il faut surtout qu’il y ait une dimension qui corresponde à la position que vont adopter les commerçants en fonction des éléments dont ils disposent. Si vous faites de l’implantation commerciale sur des secteurs où les gens ne viennent pas parce qu’il n’y a pas suffisamment de densité, ça ne sert à rien. Notre souci, c’est de faire en sorte que l’accessibilité soit un élément déterminant pour accueillir du commerce de proximité.
Aujourd’hui, quels sont les grands projets sur Gerland ?
Dans les prochaines années, voire pour certaines opérations, dans les prochains mois, il y a aura la mise en place de certaines ZAC, et notamment celle des Girondins, qui sera la plus importante après le Bon Lait. Nous avons la chance de voir que, dans cette période difficile pour beaucoup de gens, et notamment au regard de l’immobilier, nous avons eu, sur Gerland, une crise qui a été d’un impact très limité. Je pense que c’est une situation qui est susceptible d’encourager les professionnels de l’immobilier, promoteurs comme bailleurs sociaux, à répondre aussi largement que possible à la demande en la matière.
