Renaud Franchet, président Adjoint de l'UNIS Lyon, estime que les copropriétés fonctionnent mal en raison de lois inadaptées. Il estime aussi que les copropriétaires ne sont pas assez conscients de leurs devoirs vis à vis de la gestion à long terme des immeubles.
Quelle est la dynamique des loyers sur l’agglomération lyonnaise ?
Renaud Franchet : C’est assez stable. Il y a eu une petite contraction sur le début de l’année 2011, avec beaucoup de stock et un marché beaucoup moins dynamique. Depuis, nous sommes bien repartis, avec un niveau de loyers plutôt stable entre 9 et 13 euros le mètre carré. C’est un peu le discours que nous adressons aux élus : Lyon paie les conséquences de la bonne politique de la ville menée depuis 10 ans. La ville est attractive, bien desservie, et propose pas mal de solutions aux entreprises, aux expatriés. Or lorsque vous attirez, les loyers grimpent.
Que pensez-vous de la proposition de bloquer les loyers à la relocation ?
Renaud Franchet: C’est une aberration. Si l’on veut décourager l’investissement, il n’y a pas de meilleure solution. Il faut déjà un certain courage pour être propriétaire bailleur du fait d’une faible rentabilité, de la fiscalité qui s’alourdit, de la réforme des plus values, des normes de plus en plus contraignantes.
Le fait de tirer le parc vers le haut pour le bien être de tout le monde est une très bonne chose, mais dans le même temps, les investisseurs doivent avoir un certain retour sur investissement si on ne veut pas que la crise du logement s’aggrave. Or aujourd’hui la fiscalité et le déséquilibre dans les relations entre propriétaires et locataires vont exactement dans le sens contraire. Il n’y a plus d’équilibre.
Que retenez-vous du plan climat du Grand Lyon ?
Renaud Franchet : Le plan climat du Grand Lyon est louable, et plutôt bien réalisé, mais il comporte des objectifs difficiles à atteindre. Le premier problème est le problème financier : il faudra trouver, sur ce point-là des solutions.
L’autre problème est la méconnaissance par les élus du fonctionnement de la copropriété, en particulier du processus de décision en copropriété. Ce processus est d’une lenteur infinie. Les parlementaires ont discuté sur de nouvelles règles relatives aux nouvelles parties communes, envisageant de créer des parties communes dites d’intérêt général, comme les ouvertures par exemple.
Est-ce que la hausse continue des prix de l’immobilier depuis une bonne dizaine d’années ne va pas à l’encontre de l’idée d’une valeur patrimoniale à entretenir ?
Renaud Franchet : Un peu, car sans entretenir, certains propriétaires ont réalisé des plus-values fantastiques. Dans l’ancien, les prix ont tellement monté dans les secteurs recherchés que les acquéreurs les moins aisés se dirigent vers le bâti des années 60-70. Ils payent certes moins cher, mais les charges de copropriété sont extrêmement élevées et les travaux pour rendre les immeubles moins énergivores seront très lourds.
A l’inverse, les immeubles BBC fonctionnent bien les fenêtres fermées, mais le circuit se dérègle dès qu’on ouvre les fenêtres. Les charges peuvent passer de 1000 à 3000 euros. Ces immeubles coûtent chers et sont compliqués à faire fonctionner car les équipements sont sophistiqués et les contrats de maintenance onéreux.
Propos recueillis par Michel Deprost (Enviscope), Sylvain d'Huissel (Lyon Pôle Immo).
