La campagne électorale bat son plein, et les propositions vont bon train. Dernière déclaration en date émanant de François Hollande : ce dernier souhaite interdire la vente les logements aux DPE médiocres.L’annonce est passée quasi inaperçue : sollicité par l’association des collectivités territoriales et des professionnels pour une gestion locale des déchets et de l’énergie, AMORCE, François Hollande a indiqué être en faveur de l’interdiction des biens dont la consommation énergétique annuelle excèderait 330 kWh par m2.
De ce fait des travaux pourraient être nécessaires pour réaliser une vente, ce qui impliquerait au final une mise à niveau d’un certain nombre de logements, ce qui n’est pas sans poser quelques questions chez certains professionnels de la transaction.
Un facteur d’inflation supplémentaire ?
« Si une telle loi était adoptée, ça changerait pas mal de choses » précise un agent du 7ème arrondissement de Lyon: « d’abord, l’obtention d’une note supérieure serait conditionnée à un DPE supérieur ou égal à E : il faudra donc, pour le vendeur, faire réaliser des travaux. Cela va alourdir la note de ces derniers, qui risquent de faire payer celle-ci à l’acheteur ». « Et clairement, en ce moment, les ménages qui souhaitent acquérir un appartement ont, pour certains d’entre eux, du mal à boucler leur financement » constate-t-il.
Autre question posée par une telle mesure : que va-t-il advenir des biens situés dans des copropriétés « précaires » énergétiquement ? « Le risque pourrait même être, dans certains cas, un blocage de la vente dans des immeubles entiers, du fait de leurs caractéristiques» poursuit ce professionnel.
Sur Lyon, les professionnels se sont récemment engagés en faveur du plan climat du Grand Lyon, qui vise à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, un plan qui passe notamment par la rénovation énergétique dans les bâtiments.
