La CLCV a mené une étude auprès de 3600 copropriétaires pour qu’ils donnent leur avis sur leurs syndics. Près d’un sur deux se déclare satisfait de leurs prestations.
C’est un peu l’histoire du verre à moitié plein ou du verre à moitié vide… On croyait les syndics détestés des français. Une récente étude de la CLCV menée auprès de 3 600 copropriétaires vient un peu atténuer cette idée.
Concernant les syndics, moins d’un copropriétaire sur deux se déclare satisfait du sien, « ce qui montre les efforts que cette profession a à faire pour restaurer son image » note l’association de consommateur. Elle pointe notamment « le défaut de réactivité suite aux sollicitations des copropriétaires ou du conseil syndical ». La proportion pourrait toutefois être jugée presque satisfaisante, au vu de l'image souvent négative portée par la profession. En outre, ils s'estiment bien informés par les professionnels. Ils apprécient aussi la qualité de la gestion de l'immeuble, la coopération avec le conseil syndical et le suivi des impayés.
Sur les conseillers syndicaux, élus par l’assemblée générale des copropriétaires, « ils sont majoritairement jugés efficaces par les copropriétaires, avec quelques réserves cependant, la principale critique faite étant d’être parfois trop proche du syndic, au détriment de l’intérêt des copropriétaires » note la CLCV.
Les copropriétaires peu présents aux AG
Mais les copropriétaires eux-mêmes ne sont pas exemplaires: ils sont en effet peu présents aux assemblées générales, avec un taux moyen de participation étant d’à peine plus de 50 %. La faute toutefois à des débats jugés inintéressants ou pas constructifs dans 52% des cas. L’étude montre, de plus, que, lorsque le seul syndic mène les débats lors de celle-ci, ceux-ci ne sont jugés intéressants que dans 32 % des cas. Soit un chiffre bien inférieur au taux (57 %) constaté lorsque le président de séance, désigné parmi les copropriétaires, en prend la direction.
Autre constat de la CLCV : « les copropriétaires ont davantage de difficultés à négocier le contrat de leur gestionnaire ou à obtenir l’ouverture d’un compte bancaire séparé lorsque les débats sont menés par le seul syndic ». L’association demande donc aux syndics et aux pouvoirs publics d’agir, avec notamment des mesures réclamées de longue date par les associations de consommateurs, à savoir l’instauration d’un Code d’éthique et de déontologie pour les professions immobilières et la création d’une Commission disciplinaire, la mise en place d’une Commission de conciliation pour régler à l’amiable les litiges entre copropriétaire/syndicat et syndic.
Elle demande également « une réforme en profondeur des règles de majorité en assemblée générale afin de ne prendre en compte que les voix des copropriétaires présents et représentés », ainsi que « la possibilité pour un locataire d’être mandaté par son bailleur afin de le représenter au conseil syndical ». Elle demande également l’obligation d’un compte bancaire séparé au nom du syndicat, sans possibilité de dérogation.
