Une grande partie des partis politiques avait pour objectif la construction de 500.000 logements. Un pari désormais loin d’être atteint, au vu de la crise dans l'immobilier neuf.
L’année 2012 ne sera sans doute pas un bon millésime en termes de construction de logements. Avec 358 119 mises en chantier sur les douze derniers mois, la construction neuve broie du noir. L’objectif des 500.000 logements par an, affiché par le gouvernement et par nombres d’autres partis politiques pour juguler la crise du logement, apparait difficilement atteignable.
Et parmi les trois composantes traditionnelles de la construction neuve – Maisons individuelles, promotion immobilière, et logements social aucun secteur n’apparait aujourd’hui épargné.
L’actuel gouvernement va donc devoir trouver des solutions puissantes pour faire redémarrer le secteur de la construction, qui constitue traditionnellement le premier levier sur lequel la puissance publique peut agir du fait d’une inertie bien moins forte que dans d’autres secteurs. Parmi les pistes avancées, on trouve bien sûr un nouveau système d’aide à l’investissement locatif, qui pourrait remplacer le Scellier, appelé à disparaître « au plus tard » d’ici au 31 décembre 2012.
Celui-ci serait, si l’on en croit les propos de campagne de l’équipe du candidat Hollande, bien plus encadré que le Scellier, avec, de la part du propriétaire bailleur, une contrepartie sociale à l’avantage fiscal octroyé par l’Etat. Sera-t-il suffisant pour faire redémarrer l’activité ? On en doute, car même lorsque le Scellier tournait à plein régime, l’objectif des 500.000 logements construits par an a toujours semblé hors de portée.
L’autre voie qui sera sans doute explorée par le ministère du logement sera sans nul doute la construction de logements sociaux. La ministre du logement, après avoir rencontré hier le président de l’Union Sociale de l’Habitat, Thierry Repentin, va s’entretenir en fin de semaine avec Antoine Gosset-Grainville, Directeur général adjoint de la Caisse des Dépôts et Consignation. Sera sans doute évoqué le relèvement du plafond du livret A, et son impact futur sur le financement du logement social. C’est sur ce terrain-là que le gouvernement compte trouver le plus de marges de manœuvre. Dans cette optique, l’Etat devrait débloquer rapidement du foncier disponible en zones tendues, ce qui était, rappelons-le, l’un des autres engagements du président élu. Reste à savoir si les collectivités seront demandeuses, et si le secteur social ne pâtira pas trop des conséquences négatives des chutes des ventes des promoteurs privés. L’avenir nous le dira.
