Le tracé de la ligne de TGV POCL passera bien par Roanne et confirme le choix d’une ligne TGV passant par le Bourbonnais.
Il existe depuis l’Antiquité deux routes pour aller de Lyon à Paris. L’une passe par Tarare, Roanne, puis Moulins, et Nevers : c’est l’ancienne RN7, aujourd’hui partiellement déclassée. L’autre passe par Mâcon, Chalon sur Saône, Auxerre : c’est l'axe qu'empruntent la RN6 et l’A6. C’est lors de la création de la poste royale par Louis XI que ces deux voies, la route de Bourgogne, et celle du Bourbonnais sont d'ailleurs tracées "officiellement".
Depuis la construction de cette dernière, l’axe Paris / Lyon par le Bourbonnais avait perdu de sa superbe. La RN7, qui n’est plus, depuis longtemps, la route privilégiée par les parisiens pour gagner la mer, était pourtant, avant la dernière guerre, l’un des deux principaux axes nord-sud, avec la RN6.
Dans le milieu ferroviaire, on a en revanche toujours privilégié la route de Bourgogne. La première liaison nord - sud, la liaison PLM, s’est d’abord faite par la Bourgogne, avant le Bourbonnais. Idem pour le TGV : c’est par la Bourgogne que passera la première ligne de TGV française, mise en service entre Lyon et Paris au début des années 80. La décision prise par RFF hier de retenir les scénarios Ouest et Médian pour la LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) pourrait donc en quelque sorte « réanimer » cet axe historique, et redonner à la route du Bourbonnais, et aux villes qu’elle traverse une partie de leur lustre d’antan.
Pour Lyon, la révolution sera toutefois bien minime, même si elle va encore accroître la pression sur la gare de la Part-Dieu. Pour Roanne en revanche, qui ne sera plus qu’à 30 minutes de Lyon au lieu d’une heure et quart, la nouvelle est sans doute bien plus importante sur le long terme. A titre d'exemple, une fois cette LGV réalisée, les roannais mettront autant de temps pour rallier Lyon Part-Dieu que les habitants de la Verpillère ou de Villefranche sur Saône. Jusqu’ici enclavé, le Roannais va donc d’ici peu être relié à Lyon par l’autoroute A89 et à plus long terme par une liaison rapide par le train. De la même façon, pour Clermont-Ferrand, le fait de rejoindre Paris en moins de deux heures constituera assurément un plus.
