Les taux des obligations d’Etat allemande remontaient en flèche ce matin, tandis que les investisseurs rachetaient de la dette italienne et espagnole.
Les taux des obligations d’Etat italienne et espagnole étaient largement orientés à la baisse vendredi, consécutivement à l’annonce d’un accord surprise dans la nuit de jeudi à vendredi pour soutenir les deux pays, en difficultés financières. Cet accord vise notamment à injecter 120 milliards dans l’économie pour relancer l’économie européenne, mais surtout prévoir la mise en place d’un mécanisme permettant de recapitaliser les banques, par le FESF et MES, sous certaines conditions.
Cette décision des chefs d’Etat a eu un effet immédiat sur les marchés. Le CAC 40 progressait de 2.22% à 10h30, tandis que les dettes des pays du sud, Espagne et Italie, voyaient leurs taux descendre nettement : les taux italiens à 10 ans baissaient à 5.97%, soit une baisse de 21 points, tandis que les taux espagnols, qui flirtaient il y a quelques jours avec les 7%, voyaient les siens redescendre de 31 points de base à 6.62%. En revanche les taux allemands progressaient de 10 points de base à 1.61%, tandis que les taux français progressaient, eux aussi, modérément, de 1 point de base, à 2.68%
FESF et MES pourront racheter de la dette
Lors d’une conférence de presse, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a pour sa part expliqué que la Banque Centrale Européenne serait partie prenante et jouera pleinement son rôle.
Le président Van Rompuy a également indiqué que l’Eurozone pourrait faire un usage plus souple des fonds de secours pour "calmer les marchés et obtenir plus de stabilité sur les obligations souveraines de ses membres", a expliqué le président de l’Union Européenne. FESF et MES pourraient donc bientôt procéder à des achats de titre de dette souveraine sur les marchés.
Pour Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France, il ne s’agit « donc pas un énième sommet pour rien ». Pour lui, « Italie et Espagne apparaissent comme les grands gagnants de cette nuit. Il faut dire que leur dirigeants respectifs, Mario Monti et Mariano Rajoy ont haussé le ton. Sous leur pression, l'agenda du conseil a été bouleversé. Prévu à l'origine à partir de vendredi midi, le sommet à 17 de la zone euro a commencé à minuit. Cinq heures plus tard, les Italiens et les Espagnols, pour lesquels les marchés de capitaux menaçaient de se fermer définitivement ont obtenu gain de cause » explique le dirigeant.
« Si Berlin a finalement cédé sur le MES, Rome et Madrid ont levé leurs réserves sur le "pacte pour la croissance et l'emploi". Celui-ci acte donc la mobilisation de 120 milliards d'euros par le biais des fonds structurels, de la Banque européenne d'investissement et de "project bonds" destinés à financer de grands chantiers afin de stimuler l'économie européenne » poursuit-il.
