Brice Boullet, du site location-etudiant.fr, nous parle du marché de la location étudiante, quelques jours après les résultats du Baccalauréat.
Est-ce que le marché de la location étudiante a beaucoup évolué depuis l’an dernier ?
Non. Les étudiants viennent de prendre connaissance des résultats du Baccalauréat; beaucoup sont à la recherche d’un appartement. De nouvelles résidences se sont certes ouvertes, mais cela reste anecdotique, même si ça va dans le bon sens. Après, la recherche reste toujours la même, et est assez concentrée sur la même période. Notre conseil reste toujours le même : mieux vaut, pour être tranquille, commencer ses recherches le plus tôt possible, au mois d’avril-mai. Même si l’on n’a pas le baccalauréat, il est toujours temps par la suite de revenir en arrière. Globalement, plus on attend, plus il faut faire de concessions sur le bien que l’on vise.
En ce sens, les étudiants qui ont eu le baccalauréat vendredi ont tout de même un avantage par rapport à ceux qui sont au rattrapage…
Oui et non. Ils arrivent certes relativement tôt, mais tous en même temps. Il y a 2.2 millions d’étudiants en France sur l’année scolaire. Au sein de ce chiffre, 1.5 million d’étudiants va chercher un logement hors du domicile familial. Cela fait donc beaucoup de monde en même temps sur des surfaces relativement identiques. Aujourd’hui, le principal conseil que l’on peut donc donner aux étudiants, c’est de chercher de manière rigoureuse, et de façon extrêmement concentrée. Quand on décroche un rendez-vous pour aller voir un logement, il faut aller le voir le plus vite possible. Et ne pas, le vendredi, attendre un rendez-vous pour le lundi, car vous pouvez être certain que le samedi, le bien aura été loué ! Ceci pose parfois des problèmes pour les visites, lorsque l’on n’habite pas dans la ville où l’on va étudier. Quelqu’un de Marseille qui, par exemple, vient à Paris n’a, de fait, pas d’autre choix que de prendre 3 ou 4 jours pour venir sur place afin de faire ses recherches et prendre des rendez-vous.
Y-a-t-il encore trop peu d’ouvertures de résidences étudiantes ?
Oui. Il existe aujourd’hui trois grands types de logements : premièrement les logements CROUS universitaires, dont les dossiers doivent être clôturés au 30 avril, deuxièmement les résidences étudiantes privées, et enfin le parc privé classique. Sur les résidences privées, on a de plus en plus de groupes qui se recentrent sur les résidences étudiantes ou séniors. Gécina notamment s’intéresse à la location étudiante et va investir des millions d’euros dans ce marché porteur. Par contre, en termes de nombre d’ouvertures, nous restons tout de même sur des taux très faibles, tant dans le privé que dans le public. L’an dernier, en région parisienne, près de 1000 chambres se sont ouvertes, alors qu’il y a en tout 300.000 étudiants. C’est une goutte d’eau dans un vase… Donc même si cela va dans le bon sens, on n’arrivera pas avec ce nombre d’ouverture à faire baisser les loyers.
Vous parlez des loyers. Combien doit débourser un étudiant qui veut se loger sur Lyon ?
Nous avons récemment mis en place un argus des loyers, qui met à jour quotidiennement, à chaque mise à jour du site, la moyenne des loyers des biens proposés sur le site. Vous pouvez donc accéder à l’ensemble des loyers par typologie de biens dans les 200 plus grandes villes françaises. Au 16 juillet sur Lyon, la cote est donc de 470 euros pour un studio, 638 euros pour un deux pièces, et 831 euros pour un trois pièces.
Au niveau des villes, y-a-t-il des différences notables de dynamiques ?
Ce qu'il faut avant tout préciser, c'est que la hausse des loyers n’est pas directement liée à la volonté des propriétaires de gagner toujours plus d’argent. L’un des principaux problèmes dans les grandes villes est la nécessité de trouver des terrains pour construire ou des bâtiments pour les réhabiliter à des tarifs qui leur permettent de louer mais aussi de trouver une certaine rentabilité. La question est donc de savoir, pour les villes, comment diminuer les loyers des logements étudiants. Pour parvenir à cela, il faut plus de logements disponibles sur le marché. Or, lorsque vous n’avez pas d’endroits pour construire, fatalement le problème demeure. Sauf si les villes prennent le problème à bras le corps, en proposant notamment d’utiliser des logements vides pour les transformer en logements étudiant. Lyon est extrêmement dynamique en termes de résidences étudiantes : il y a près de 70 résidences étudiantes recensées sur le site. Des villes comme Bordeaux, Lille ou Rouen sont également extrêmement actives en termes de résidences étudiantes. Elles sont également favorisées par le fait qu’elles ont la possibilité d’offrir de nouveaux logements, ce que n’ont pas des villes comme Lyon ou Paris.
