Après avoir atteint près de 200 points de base en fin d’année dernière, les écarts de rémunération entre les taux du Bund et de l’OAT n’ont cessé de reculer, jusqu’à passer récemment sous les 70 points de base.
Les taux de l’OAT ne cessent de reculer depuis quelques semaines. Après avoir atteint près de 4% en début d’année, le rendement de la dette à 10 ans de l’Etat français n’a eu de cesse de baisser, jusqu’à atteindre 2.06% ce vendredi.
En clair : l’Etat français, malgré une conjoncture très incertaine en zone euro, ne s’est jamais endetté à si bas coût. Et les récents efforts sur la baisse de la dépense publique ne sont sans doute pas étrangers à cette baisse des rendements. Un fait, plus politique, semble également expliquer cette appétence pour la dette française. « L’absence de toute possibilité d’instabilité politique pendant 5 ans en France est clairement un plus pour le marché des OAT » nous confiait récemment un intervenant sur le marché obligataire.
Plusieurs explications au phénomène
Autre facteur expliquant cette bonne tenue du marché obligataire français : sa taille. Le marché de la dette française, son organisation, sont de nature à constituer le marché de report naturel pour les investisseurs trouvant la dette allemande trop peu rémunératrice. Car avec un taux à 1.38%, le Bund à 10 ans est peu rémunérateur. De ce fait, un certain nombre investissent sur l’OAT et font tomber le rendement à 10 ans français. Si bien que l’écart de rémunération entre la dette française et la dette allemande tend à se réduire, pour atteindre 68 points de base. Soit un niveau bien loin des 200 points de base observés en fin d’année dernière, lorsque les tensions étaient à leur comble au niveau européen.
Cette baisse des taux de l’OAT a déjà eu des conséquences sur les taux de crédit immobilier. Depuis le début de l’année, les banques ont répercuté cette baisse des taux longs dans leurs barèmes de crédit immobilier, comme l’indiquent régulièrement les courtiers en crédit immobilier. Il n’en reste pas moins que cette évolution des taux ne dynamise pas pour autant la production de crédit, elle-même ayant été corsetée par les nouvelles règles prudentielles de Bâle 3.
La crise bancaire commencée il y a cinq ans, et celle de la dette publique qui - en partie - en découle, est en tout cas loin d’être terminée : l’Espagne pourrait sous peu devoir appeler à l’aide. Une situation qui explique de facto l’écart de rémunération entre la France et l’Espagne, qui emprunte, elle, à des taux proches des 7%. Mais la perspective d’une Union Bancaire, qui pourrait en partie résoudre les problèmes structurels en termes de relation entre défauts bancaires et dette publique, donne des raisons d’espérer.

Si je comprends bien, les taux ont rarement été aussi bas mais maintenant ce sont les conditions d’accès au crédit qui se durcissent…
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Pauline