<p>François Marroco, directeur régional d'Akerys (Sylvain D'Huissel/Lyon Pôle Immo)</p>
François Marroco est le directeur régional d'Akerys, qui a lancé au printemps deux opérations dans l’ouest lyonnais.
Vous avez récemment lancé deux programmes dans l’ouest lyonnais. C’est un secteur sur lequel vous n’étiez pas présents auparavant ?
Nous n’étions effectivement pas présents auparavant sur ce secteur. Lorsque nous avons choisi de nous recentrer sur l’accession à la propriété, ce sont deux sites que nous avons choisi parce qu’il existait effectivement une demande. L’ouest lyonnais est en effet un secteur très recherché.
Francheville et Craponne sont des communes toutes deux situées en territoire périurbain. C’est un milieu très différent de ce que l’on peut trouver dans le cœur de Lyon…
Nous voulions offrir à nos clients à la fois la ville et la campagne. Sur Francheville, je crois savoir que 60% du territoire est encore boisé… Il s’agissait donc de donner aux gens la possibilité de devenir propriétaire de logements dans ce milieu-là. Nous savons que certaines personnes, lorsqu’elles arrivent à 60-65 ans, et qu’elles sont en maison, ne souhaitent ou n’ont plus les moyens d’assurer l’entretien physique de celle-ci. Il y a des gens qui cherchent à se retrouver en appartement à la campagne, et ne pas se retrouver en centre-ville. C’est ce public-là que nous visons.
Auparavant, vous étiez plus positionnés sur des programmes situés sur Lyon intra-muros…
Nous avons réalisé auparavant beaucoup de logements dans le cadre de la loi de défiscalisation, dont la loi Scellier. A un moment donné, le groupe a décidé de se positionner dans le cadre d’une stratégie plus tournée vers l’accession à la propriété.
Ceci va un peu dans le sens de la conjoncture : les avantages liés à la loi Scellier tendent à s’amenuiser, et vont bientôt disparaître…
Nous ne pouvons que nous tourner vers ce marché-là, car il est très difficile de savoir s’il y aura une prochaine loi de défiscalisation, et quel sera son périmètre. Nous avons donc anticipé un certain nombre de choses et veillons à ce que notre offre soit plurielle.
Quels sont les niveaux de prix de vos programmes dans l’ouest lyonnais ?
Ce sont les prix du marché local, à savoir 3700-3800 euros en fonction des programmes, sachant que les études de marché sont réalisées en collaboration avec des outils fournis par un bureau d’études spécialisé.
D’un point de vue de l’offre foncière, sentez-vous toujours de la tension sur le marché local ?
C’est une donnée du foncier. C’est un marché constamment tendu, y compris dans les moments difficiles. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, lorsque l’on observe les cartes de la communauté urbaine, on voit très bien qu’il n’y a pas de nouvelles ZAC. Le problème sur Lyon, c’est que lorsque vous cherchez du foncier disponible, vous êtes obligés de rechercher des dents creuses.
Comment intégrez-vous les nouvelles normes énergétiques ?
Nous réalisons nos opérations en label BBC – RT 2005, et nous tendons vers la RT2012, qui sera bientôt obligatoire. Nous allons suivre l’histoire.
Foncier, BBC : tout ceci est-il, selon vous, de nature à renchérir les coûts?
Du moment où l’on a mis en place le BBC, les coûts de construction ont augmenté. Et qu’on le veuille ou non, cette augmentation des coûts, vous êtes bien obligés de l’intégrer quelque part…
Ceci explique-t-il également la hausse des prix de l’immobilier neuf dans les dernières années ?
L’augmentation ou la baisse des prix dans l’immobilier est de nature conjoncturelle. C’est un peu comme entre l’été et le printemps, vous vous habillez en fonction du temps que vous avez…
On privilégie de plus en plus la rénovation urbaine, avec la reconstruction de la ville sur la ville. Cette densification tend-elle à raréfier le foncier ?
Je ne sais pas si c’est le foncier ou autre. Nous serons, nous, promoteurs, obligés de nous adapter. Il y a une vingtaine d’années, on construisait à Villefontaine. Personne n’avait peur de faire 20 ou 25 kilomètres pour venir sur Lyon. Aujourd’hui, la distance entre le poste de travail et le domicile risque de poser bien plus de problème qu’auparavant. Nous sommes obligés d’être attentifs à ces questions de mobilité. En même temps, nous devons nous orienter vers des secteurs où nous pouvons servir des primo-accédants. Il faut nous adapter, étant donné que nous ne savons pas quelles seront les mesures prises en septembre. L’abandon de la loi Scellier est un problème pour tout le monde. Le dispositif représentait sur certaines périodes entre 60 et 65% de l’activité immobilière. Le problème est donc de savoir comment colmater ce vide. Aujourd’hui, nous sommes dans l’attente…

Très intéressant