L’Union Sociale pour l’Habitat s’est déclarée satisfaite du plan présenté hier. La CLCV demande, elle, des améliorations sensibles.
Les réactions au plan Duflot de cession des terrains de l’Etat ne se sont pas fait attendre. Et si les bailleurs sociaux se sont montrés assez satisfaits d’un plan qui privilégie la construction de logements sociaux, d’autres se sont montrés plus réservés sur les mesures annoncées.
L’Union Sociale pour l’Habitat, qui représente les principaux organismes HLM, s’est montrée « très satisfaite » des principales mesures annoncées par le gouvernement. L’USH souhaite néanmoins « que soient maintenues et développées en parallèle d'autres modalités de mise à disposition de foncier public - baux emphytéotiques par exemple -, afin d'élargir au maximum l’intérêt de toutes les parties prenantes et d’offrir plus de souplesse au dispositif ».
Elle demande en outre que « l'élaboration et la mise à jour périodique de la liste des biens cessibles (terrains ou bâtiments) soient assorties de garanties de transparence et qu’elles soient menées en concertation avec les représentants du logement social ».
La CLCV émet des réserves
La CLCV s’est quant à elle déclarée favorable « à une telle disposition visant à augmenter l’offre de logements pour les ménages les plus modestes dans les zones tendues ». Toutefois, elle souligne que certains points pourraient faire l’objet d’améliorations. Selon elle, le projet de loi limite en effet à 50 % la part de logements financés en prêts locatifs sociaux (ou PLS) « de sorte que la proportion de logements PLUS et PLAI, à destination des ménages les plus modestes, reste insuffisante ». « Selon nous, compte tenu du contexte économique actuel, les logements PLS devraient être en plus faible proportion » a expliqué l’organisation.
Surtout elle réclame « un organisme chargé de l’anticipation des besoins de logements, tenant compte notamment de la démographie et des flux migratoires ». Enfin, concernant les sanctions contre les communes ne respectant pas la loi SRU sur les 20% de logements sociaux, elle regrette « que celle-ci ne soit pas automatique et soit soumise à l’appréciation du Préfet ».
Un plan uniquement tourné vers le social?
D’autres voix plus critiques, venant de la droite, se sont également élevées. C’est le cas de Benoist Apparu, ancien ministre, qui a qualifié de « farce couteuse » la mise à disposition gratuite de foncier public aux collectivités. Mais d’autres voix se font également entendre sur un plan uniquement tourné vers le social, alors même que la promotion et la construction neuves font actuellement l’objet d’une grave crise.
Michel Mouillart, professeur d’économie à Paris Ouest, regrette notamment que la politique actuelle du logement ne se concentre uniquement que sur la construction de HLM. Dans une interview au Figaro, il souligne que ce plan « néglige l'accession à la propriété et l'investissement locatif ». En outre, il parait circonspect sur l’idée d’un nouveau dispositif remplaçant du Scellier, dont les plafonds de loyer seraient plus bas. « Pour l'investisseur, ce sera moins rentable, surtout dans un contexte de durcissement de la fiscalité sur le patrimoine. Du coup, il y aura beaucoup moins de logements neufs construits qu'avec le dispositif Scellier» prédit-il.
