Le président de la FEDAE, Grégoire Leclercq, a dénoncé des mesures en désaccord complet avec les préconisations de l’IGF et de l’IGAS.
Les fédérations du bâtiment ont-elles enfin eu la peau de l’autoentreprise ? La réforme du régime, envisagée par la ministre de l’artisanat Sylvia Pinel, semble en effet calibrée pour répondre en partie aux revendications des fédérations du bâtiment, qui s’élèvent contre ce régime depuis sa création.
La ministre de l’artisanat, souhaite en effet limiter dans le temps le régime, qui permet une simplification déclarative. Pour Grégoire Leclercq, Président de la Fédération des Auto-Entrepreneurs, cette mesure va ainsi à l’encontre des préconisations de l’IGF et de l’IGAS.
Celui-ci pense ainsi que le projet signe « la mort du régime » du fait des deux mesures phare de la réforme, que la FEDAE juge « dangereuses pour la liberté d’entreprendre et l’emploi », à savoir un régime non limité pour des activités complémentaires et surtout la limitation dans le temps pour les activités à plein temps. Aucun délai n’est toutefois avancé, histoire sans doute de se laisser un point dans les négociations avec les fédérations d’autoentrepreneurs.
"Un retour en arrière"
Sur ce dernier point « c’est un retour en arrière » note la FEDAE. « C’est aussi une erreur politique majeure puisque le régime a boosté la création d’entreprises. (80 % des entreprises créées en 2012 ont été lancées sous le régime). Il est à craindre un retour à l’économie illicite et des pertes de ressources pour l’Etat » indique-t-elle.
Surtout, le président de la FEDAE s’insurge contre une réforme concoctée dans le dos des autoentrepreneurs : « la réforme avance sans calendrier cohérent, dans un simulacre de concertation » note la FEDAE. « Comment peut-on inviter les représentants des auto-entrepreneurs à se mettre autour de la table alors que tout est ficelé » s’étonne Grégoire Leclercq, qui indique qu’en outre que rien n’a filtré sur la CFE, et qu’aucun fléchage des crédits à la formation à destination des auto-entrepreneurs n’a été préconisé bien que la Fédération milite pour une professionnalisation de ses ressortissants.
La FFB a, elle, salué la prise de conscience du gouvernement, tout en critiquant le fait que le secteur bâtiment n’ait pas été exclu du statut. « Le gouvernement a pris des mesures pour limiter le statut de l’auto-entrepreneur. Mais depuis 2009, la FFB demande avec insistance l’exclusion du Bâtiment du statut afin de permettre au secteur de jouer pleinement son rôle dans l’économie du pays. Nous regrettons de ne pas avoir été entendu, une nouvelle fois !». Toutefois, la limitation dans le temps du statut proposée par le gouvernement va, pour elle, « dans le sens d’une protection du secteur en cette période de ralentissement économique ».
