L’Insee a publié ce matin des statistiques négatives concernant le pouvoir d’achat des ménages, lequel a flanché de 0.9% en 2012, contre 0.4% initialement annoncé.
Le pouvoir d’achat des français a reculé en 2012. Alors que l’Insee avait fait part, fin mars, d’une baisse de 0,4% de ce dernier, l’institut a réévalué son estimation, avec un recul de 0,9% de ce dernier l'an dernier. Dans le détail, le revenu disponible brut a augmenté de 0.9% (contre 2.7% l’an dernier, soit un ralentissement de 1.8 point). Mais dans le même temps, l’inflation était, elle, de 1.9%. D’où un tel solde négatif.
Pour l’institut national de la statistique, cette évolution négative du pouvoir d’achat, qui fait suite à une progression de 0,7% en 2011 et de 0,9% en 2010, tient notamment au « ralentissement des revenus d’activité et du patrimoine et à l’accélération des impôts courants » note l'institut dans son communiqué, qui précise qu’il faut ainsi remonter à 1984, pour retrouver une baisse supérieure (1,1%). Et même si les français ont puisé dans leur épargne -le taux d’épargne se replie d’une année sur l’autre- la consommation a logiquement été affectée, et flanche de 0,4% en 2012.
Les impôts, un facteur de hausse
Les impôts contribuent pour une part importante à ce repli du pouvoir d’achat. Les nouvelles mesures fiscales, votées avant et après les élections, ont ainsi fait progresser ce poste. L’Insee cite ainsi, pèle mêle « la désindexation du barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, la modification du régime de taxation des plus-values immobilières, la révision des modalités de déclarations de revenus (cas des mariages, Pacs et divorces), la hausse des taux de prélèvements sociaux sur les revenus du capital et l’instauration d’une contribution exceptionnelle sur la fortune ».
Inversement, les prestations sociales reçues par les ménages accélèrent en revanche (+ 4,0 % après + 2,8 %). Dans le détail, les prestations du régime général accélèrent du fait de la hausse structurelle des branches vieillesse (+ 4,1 % après + 4,6 %), mais aussi de la hausse plus conjoncturelle de la branche famille (+3.2% après +0.3%), liée à la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire. Les prestations de l’Unedic sont quant à elles en nette progression (+ 5,2 % après - 0,4 %) du fait de la hausse du chômage.
Un patrimoine moins dynamique…
Le ralentissement du revenu disponible brut de 1,8 point (ce dernier a augmenté de 2.7% en 2011 puis de 0.9% en 2012) trouve également son explication dans des revenus du patrimoine eux aussi en ralentissement. Sur ce total de 1.8 point, la contribution des revenus du patrimoine atteint ainsi 0,8 point et celle des revenus d’activité atteint 0,7 point, celle des impôts courants sur le revenu et le patrimoine y contribuant à hauteur de 0,5 point. En revanche, les prestations sociales favorisent l’accélération du revenu, qui progresse de 0,4 point.
Les revenus de la propriété perçus par les ménages baissent fortement. Car si les intérêts nets sont bien orientés et dynamisés par la hausse du taux du livret A (+ 17 points de base en moyenne sur l’année) et de son plafond, les dividendes ont cru de manière plus modeste (+ 1,9 % après + 6,4 %), et les revenus tirés de l’assurance-vie sont eux, carrément en diminution (- 4,0 % après + 5,6 %). Un recul qui traduit le moindre rendement des placements des assureurs.
et une consommation en berne
Les dépenses de consommation ont pour leur part diminué de 0,4 % en euros constants (après + 0,5 %), ce qui constitue la deuxième baisse depuis l’après-guerre après celle de 1993 (- 0,2 %). Les dépenses en biens d’équipement ont ralenti (+ 4,2 % après + 6,8 %). Les autres postes sont, eux aussi touchés, comme les achats d’automobiles (- 7,0 % après + 0,6 %), les dépenses de services (+ 0,4 % après + 1,2 % en 2011) ou encore les dépenses en hébergement-restauration se replient (- 1,5 % après + 1,3 %).
Seules les dépenses en énergie-eau-déchets (notamment le gaz et l’électricité pour le chauffage) ont progressé de 5,2 % du fait d’un hiver plus rigoureux qu’en 2011. De la même manière, les dépenses des administrations publiques progressent de 1,4 % en euros constants (après + 0,4 %), du fait d’un retour à la normale des livraisons de matériels militaires.
