Le Président de la République a annoncé un abattement exceptionnel sur les plus-values de cessions immobilières pour 2014. L’exonération d'impôt passe de 30 ans à 22 ans.
Lors de son intervention dimanche soir dans l’émission Capital sur M6, François Hollande a assuré avoir pris la mesure de la crise immobilière, et cela dès son arrivée au pouvoir. Il faut dire que la situation est tendue. Les volumes de transactions sont au ralenti. Selon les estimations du conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), on comptait 709 000 ventes en 2012, en baisse de 12% sur un an. Un rythme qui devrait au mieux se stabiliser, voire baisser en 2013, à 600.000 (-8,5%) selon la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim).
Un ralentissement du marché immobilier que beaucoup de professionnels imputent à la décision du gouvernement Fillon applicable à compter du 1er février 2012 de porter de 22 ans à 30 ans le délai pour se voir exonéré d’impôt sur les plus-values portant sur les biens immobiliers autres que la résidence principale.
Conscient des difficultés, François Hollande a donc fait machine arrière. « On n'aura plus besoin d'attendre 30 ans pour être exonéré d'impôt » lors d'une cession immobilière. « On va ramener ça à 22 ans, ce qui était le système précédent, et il y aura même un abattement exceptionnel pour l'année 2014 », a-t-il déclaré. « Pour éviter que les transactions soient ralenties, et si le gouvernement informe correctement le Parlement, on pourra même avoir une application dès le 1er septembre » a-t-il ajouté.
Ces mesures sont destinées à ramener de la fluidité dans un marché bloqué depuis deux ans. Mais, attention, « je ne veux pas faire un cadeau à des propriétaires. Ce que je veux c'est que ces propriétaires qui veulent céder leur bien, d'autres qui veulent les acheter, puissent le faire, et que les prix baissent », s’est empressé de préciser le président.
Si les propriétaires se réjouissent déjà, certains professionnels restent sceptiques sur l’efficacité de la mesure. Pour Laurent Vimont, le président de Century 21, interrogé sur Europe 1, « cette annonce n'aura que peu d'impact sur le marché immobilier ». En effet, cette mesure n’abroge pas les dispositions prévues dans la loi de finance rectificative pour 2012 qui prévoit une surtaxe sur les plus-values excédant 50.000 €. La surtaxe, qui est de 2% des plus value entre 50.000 et 100.000 €, peut monter jusqu’à 6% lorsque la plus-value est supérieure à 250.000 €.
En outre, s’il faudra désormais attendre 22 ans au lieu de 30 ans pour être exonéré, on reste encore bien au-dessus des 15 ans nécessaires à l’exonération avant le 1er février 2012.


Il n’y a pas que le problème de plus-values, il y a aussi le plafonnement des niches fiscales qui ne cesse de chuter et dont on ne parle pas souvent.
Heureusement il existe encore des opérations d’investissement qui ne rentrent pas dans ce plafonnement : l’investissement dans le monument historique par exemple.