Forte de la dynamique économique de l'agglomération, la Communauté Urbaine de Lyon va poursuivre ses investissements.
Le Grand Lyon devrait poursuivre ses investissements dans les prochaines années, avec un budget moins affecté que pour les autres budgets publics par le ralentissement économique. Le Compte administratif 2012, les comptes de résultat de la collectivité, a été adopté ce lundi par le Conseil communautaire. Sa présentation à la presse avant la réunion de l'assemblée a été l'occasion pour l'exécutif et Gérard Collomb de revenir sur les raisons d'une santé financière solide.
Recul des apports de l'Etat
En 2012, les recettes de fonctionnement de la collectivité ont augmenté au rythme de l'inflation, de 1,7%, pour s'établir à 1 341 millions d'euros. Les compensations fiscales de l'Etat n'ont augmenté que de 0,1% à 152 millions, rigueur budgétaire oblige. La dotation d'intercommunalité n' a progressé que de 1%. La dotation de compensation a stagné, alors que d'autres compensations fiscales ont diminué de 0,5%.
Le Grand Lyon a compensé la faiblesse des apports venant de l'Etat par ses ressources propres, en partie tirées par le dynamisme local. Certaines recettes ont baissé. Les cessions foncières ont reculé de 28,8 millions à 20,5 millions : en 2011 des ventes exceptionnelles avaient été réalisées au profit de l'OPAC du Rhône à Saint-Priest ( 9,6 millions). La SERL avait cédé la ZAC des Bruyères à Limonest ( 4,9 millions) et la Zac Castellane à Sathonay le Camp ( 4,2 millions). Les recettes du périphérique nord se sont tassées, comme les loyers du domaine privé.
Augmentation des recettes propres
D' autres recettes propres ont augmenté, comme la redevance d'assainissement, notamment en raison de la hausse du prix de l'eau. Les produits de la vente ou de la valorisation des déchets ont aussi augmenté. Mais c'est la fiscalité, principale ressource propre qui a le plus progressé à 457,6 millions, plus 3,2%. " C'est le reflet de l'accroissement de la richesse de l'agglomération, de l'activité des entreprises et de la richesse des ménages plus nombreux", estime en substance Gérard Collomb.
45 fonctionnaires de plus
Les dépenses de fonctionnement étant maîtrisées, à 993 millions ( moins 0,6%) , l'autofinancement a pu augmenter. En effet, si les dépenses en personnel ont cru de 3,7% ( le nombre d'agents a augmenté de 1% avec un effectif moyen de 4 805 euros en hausse de 45 fonctionnaires, d'autres postes ont reculé.
Les dépenses d'équipement ont pu augmenter de 7,1% à 720 millions. Elles concernent le tunnel de la Croix Rousse ( 65 millions); les pôles de compétitivité ( 23,2 millions); l'acquisition de l'îlot appartenant à l'Etat pour l'opération Part-Dieu ( 9,9 millions).
La baisse des taux a permis un recul des frais financiers, et, si l'encours de la dette s'accroît ( 1492 millions contre 1265 à fin 2011), les ratios d'endettement s'améliorent.
Fort de la dynamique locale, de ses marges de manoeuvre, l'exécutif du Grand Lyon entend maintenir le rythme des investissements, sans avoir besoin d'augmenter le recours à l'emprunt.
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