Selon Crédit Logement, les taux n’ont que très légèrement augmenté en décembre. Et les intervenants du marché du crédit restent très prudents pour 2014.
Les taux de crédit immobilier remontent, même si ils restent bas, « à des niveaux rarement vus par le passé ». C’est en substance ce qu’a indiqué l’Observatoire Crédit Logement / CSA dans sa note mensuelle. En moyenne, toutes durées confondues, elles ont atteint en décembre 3,09% hors assurance. Un niveau supérieur à celui de novembre (3.08%), d’octobre (3.07%), et du plus bas atteint en juin dernier (2.89%).
L’observatoire note en outre que la part de la production à taux variable tend à augmenter. Les prêts de ce type tendent à se redresser à 9.2% en novembre, contre 5% au troisième trimestre. Une hausse que Crédit Logement tend à expliquer par la remontée des taux fixes observée depuis juillet.
Un apport personnel toujours en recul
Autre point noté par l’Observatoire : l’apport personnel est toujours en recul. « En dépit du retrait des ménages modestes, le marché de la revente ne se relève que lentement et le niveau des taux d’intérêt incite toujours à « l’économie » d’apport personnel ».
Sur le front de la solvabilité de la demande, l’heure est toujours à la dégradation. « Les ménages les plus jeunes et les plus modestes ne peuvent plus rentrer sur les marchés en l’absence du ticket d’entrée que le PTZ+ représentait pour eux, auparavant» indique Crédit Logement.
Sur le marché de l’ancien, le niveau de la production de crédit s’est fortement ressaisi depuis octobre, avec une hausse de 40% en rythme annuel à fin décembre. Le niveau de la production est ainsi comparable à celui que l’on pouvait observer au printemps 2012.
Une hausse des taux pour 2014 ?
Alors que les taux moyens n’ont pratiquement pas bougé depuis octobre, la part de la production réalisée à un taux inférieur à 4%progresse à 96.6% en décembre, contre 96.3% un mois plus tôt. C’est en fait la part de la production réalisée à un taux inférieur à 3.5% qui se redresse indique Crédit Logement.
L’Observatoire n’a pas réalisé de prévisions à court et moyen terme sur les taux. Seuls certains courtiers en crédit ont récemment fait part de prévisions en la matière. C’est le cas de Cafpi, qui table sur le fait que le changement de politique monétaire aux Etats-Unis aura à terme des répercussions à la hausse sur les taux d’intérêt en Europe, via une hausse des taux de l’OAT 10 ans.
Mais à plus court terme, les banques ne devraient pas bouger leurs taux, ni à la hausse… et ni à la baisse. «En clair, pas de baisses massives en vue pour cette rentrée » note Maël Bernier, directrice de la communication d’Empruntis. « La faute sans doute aux OAT qui ont légèrement augmenté ces derniers jours autour de 2,45%/2,50% contre 2,25% début décembre, même si elles restent à des niveaux très bas» indique-t-elle.
Pour Emprunt Direct, il faudra donc être attentif à l’évolution des taux de l’OAT, qui avaient nettement progressé dans l’attente de l’annonce récente par la Réserve Fédérale américaine d’une réduction de sa politique de quantitative easing. Les taux de l’OAT « sont légèrement remontés depuis deux mois, sans pour autant dépasser les niveaux de septembre dernier. Or l’évolution de ces derniers sera déterminante pour les mois à venir ».
« La perspective d’un « tapering » et d’une réduction du montant des rachats d’obligation d’Etat par la Réserve Fédérale américaine avaient donné une impulsion haussière aux marchés de taux, y compris européens. Une accélération de la reprise outre Atlantique pourrait donc, de ce fait, donner par ricochet un biais haussier aux taux des obligations d’Etat, ce qui aurait nécessairement un impact sur les taux de prêt à l’habitat » parie le courtier, qui pense que la production de crédit immobilier devrait rester en 2014 sur un bas niveau, la marge de manœuvre pour une baisse supplémentaire des taux s’érodant au fil du temps.
