Selon Emprunt Direct, la position adoptée hier par la banque centrale européenne donne des raisons de penser que les taux des emprunts d’Etat à 10 ans devraient rester stables, ce qui devrait jouer en faveur d’une stabilité des taux de crédit immobilier.
La BCE n’a pas changé sa politique monétaire en laissant ses taux directeurs au niveau du mois précédent. Un geste qui ne surprend guère le courtier en crédit immobilier Emprunt Direct, qui relève que l’institution n’a opté « ni pour un taux de dépôt des liquidités négatif, ni pour un abaissement très limité de ses taux, alors même qu’un tel geste n’avait été évoqué que par une infime partie d’intervenants de marché. »
La Banque Centrale a simplement rappelé sa position de décembre, les taux d'intérêt étant amenés à rester à leur niveau actuel « voire plus bas » pour une période prolongée.
« La Banque Centrale Européenne semble pour l’heure contrainte à un maintien de cette position ultra accommodante en matière de taux d’intérêt. Les risques liés au niveau des prix semblent en effet justifier une telle position : l’inflation reste pour l’heure bien inférieure au niveau moyen terme visé par la BCE, fixé à 2%. Le patron de la BCE a indiqué que la zone euro pourrait connaître une longue période de faible inflation, « suivie par un mouvement graduel de hausse vers des taux d'inflation inférieurs mais proches de 2% ». Ce qui laisse entendre que tant qu’aucune perspective d’évolution à la hausse des prix n’est décelée, cette politique de taux très bas devrait être maintenue » note le courtier.
Risques haussiers
Aussi l’intermédiaire pense qu’en matière de crédit immobilier, « cette perspective pourrait donner des raisons aux intervenants sur le marché obligataire de tabler pour l’heure sur une relative stabilité des taux des emprunts d’Etat à 10 ans, les fameuses OAT, sur le marché secondaire. Ces derniers n’ont d’ailleurs que très peu réagi aux propos de Mario Draghi et à la décision de la BCE ».
Mais le courtier note que les taux sur le marché des obligations d’Etat ont bien plus progressé que les taux de crédit immobilier. « A un niveau proche des 2.60%, le niveau des taux longs reste bien supérieur à celui qui était le sien en avril 2013. Or les taux de crédit immobilier n’ont répliqué qu’une partie de cette hausse de près de 100 points de base constatée depuis lors. Le risque d’une impulsion haussière de leurs taux sur ce segment est donc toujours réel» note Emprunt Direct, qui constate des relèvements de l’ordre de 5 à 10 points de base des barèmes de certaines banques.
« Mais en l’absence de toute donnée montrant une amélioration macroéconomique importante en zone euro qui pourrait avoir des effets sur le niveau des prix, et par conséquent sur les taux longs, les banques sont pour l’instant plutôt susceptibles de rester dans une position d’attentisme sur le front de l’évolution de leurs barèmes taux de prêt à l’habitat » indique le courtier.
