Marc Uhry est le délégué régional de la fondation Abbé Pierre. L'institution a organisé, dans les trois grandes agglomérations de Rhône-Alpes, des rencontres de mal logés avec les candidats aux municipales.
Dans les trois grandes villes de Rhône alpes, vous avez, avant les élections de mars, donné la parole à des gens en situation de mal logement, devant des candidats aux municipales, lors de réunions publiques. Sur les réunions sur Saint Etienne, Lyon et Grenoble êtes-vous satisfaits de l’accueil des politiques ? Beaucoup de candidats se sont-ils montrés intéressés à la question du logement ou finalement avez-vous senti un intérêt limité ?
Nous sommes satisfaits. Tout le monde, du Front de gauche à l’UMP, a accepté de venir se prêter à un exercice un peu ingrat puisqu’on leur demandait de venir simplement écouter les personnes en situation de grande précarité en matière de logement, de s’engager ensemble sur des valeurs et de faire front républicain en disant leur accord sur le fait que de droit au logement est universel et qu’il est en amont des clivages politiques.
Sur le fond, on peut quand même se réjouir qu’ils aient accepté de se prêter à l’exercice et de poser ensemble, pour dire que l’on reconnait l’universalité du droit au logement, que celui-ci concerne tout le monde. Nous ne sommes pas non plus complètement naïfs : derrière dans la mise en œuvre, il y a des contraintes de gestion, et des préoccupations électorales, qui font que l’on ne va pas toujours au bout de ce qui serait possible de faire en matière de droit au logement. Le fait qu’ils aient accepté de se positionner tous ensemble, cela donne une légitimité pour les citoyens, pour la société civile, d’être vigilant sur le fait qu’ils feront de leur mieux en la matière. Nous étions contents de cela, et contents de donner la parole aux personnes mal logées, que ce soit pas toujours les mêmes qui s’expriment. Et intéressant aussi que dans des campagnes électorales, ce ne soit pas les candidats qui parlent mais les citoyens les plus éloignés des normes qui s’autorisent à participer à la vie démocratique.
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