L’association de consommateurs vise en particuliers les fédérations professionnelles de l’immobilier, à l’origine de vives critiques à l’encontre de certains aspects de la loi ALUR.
Assez d’ALUR Bashing ! C’est en substance ce qu’a indiqué la CLCV vendredi matin dans un communiqué, avant l'annonce cet après midi d'un plan de relance du logement par Sylvia Pinel et Manuel Valls. Selon la confédération, la loi ALUR est une « victime expiatoire toute désignée pour expliquer les mauvais chiffres de la construction » : un plafonnement des loyers et la mise en place d’une Garantie Universelle des Loyers auraient rendu frileux les investisseurs.
Et pour la CLCV, « il est intéressant de noter que les plus ardents détracteurs de la loi ALUR sont principalement les fédérations professionnelles de l’immobilier. Rappelons que ce même texte plafonne les frais d’agence récupérables auprès des locataires ». La CLCV pointe également Galian, assureur des professionnels de l’immobilier et farouche opposant à la GUL, qui a présenté de très bons chiffres 2013.
Les usagers « doivent être écoutés »
« L’opposition de ce groupe à la garantie universelle des loyers résulte davantage d’un choix stratégique financier que d’une simple préoccupation sur l’état du marché de la construction. Il serait donc temps qu’en matière de loi ALUR, les usagers (propriétaires ou locataires) soient écoutés car, in fine, c’est d’eux qu’il s’agit ».
La CLCV évoque également la faible disponibilité du foncier dans les zones tendues, qui est selon elle, « un premier frein, et son coût, un second ». Le prix du foncier a en effet augmenté de plus de 550% de 1982 à 2012, ce qui absorbe une part accrue du coût de sortie d’un logement (entre 33% et 50%). Un phénomène qui associé à la baisse du pouvoir d’achat rend le cout du logement inabordable pour bon nombre de ménages.
« En conséquence, il est évident que les ménages qui n’ont pas ou peu de moyens n’investissent pas. Il est dommage que cette problématique du foncier, pourtant centrale selon nous dans ce débat, soit quasiment absent et que d’aucuns préfèrent se rabattre sur la loi ALUR, cible bien plus facile » indique la CLCV. La confédération demande la mise en place « sans délai » d’une possibilité de dissocier le logement du foncier ainsi que d’un réel observatoire du coût du foncier.
