L'UPA et la CAPEB trouvent que les mesures annoncées par Manuel Valls ne vont pas assez loin.
Les mesures annoncées hier par Manuel Valls sont un pas dans la bonne direction, mais elles ne vont pas assez loin. C'est en substance le constat tiré par l'UPA Rhône-Alpes et la CAPEB, deux organisations qui ont réagi dans la foulée des annonces du premier ministre.
« La CAPEB est satisfaite de la reconnaissance du rôle central que jouent les TPE dans l’économie mais considère que beaucoup de mesures ne vont pas assez loin » a indiqué hier la confédération des petites entreprises du bâtiment. Dans l’ensemble, ces mesures ne semblent pas à la hauteur des enjeux. Elles ne vont pas créer le choc de confiance escompté, nécessaire à la reprise de l’embauche dans les TPE» a indiqué Patrick Liebus, son président.
L'UPA en Rhône-Alpes , qui regroupe les entreprises de l'artisanat et du commerce de proximité, va même plus loin. Pour Bernard Cabut,son président, « les mesures du plan emploi TPE/PME ne sont pas à la hauteur des espoirs suscités par ce rendez-vous. L'ensemble du plan donne le sentiment d'un saupoudrage de dispositions plutôt positives mais souvent complexes d'application ou limitées dans le temps, et manquant d'une véritable ambition ».
Pas de choc à attendre
Il n'y a pas, selon l'Union, de « choc » à attendre de ces annonces. Elle critique notamment le fait que la mesure d'aide à l'embauche soit réservée aux entreprises sans salarié et limitée dans le temps, et la limitation à trois ans du gel des effets de seuils pour les entreprises de 1 à 50 salariés. Pour l'UPA, la possibilité de renouveler une fois supplémentaire le CDD « n'aura pas d'effet sensible dès lors que la durée totale maximale est maintenue ». « Sans augmenter la durée maximale de recours aux CDD, cette mesure perdra grandement de son efficacité » note pour sa part la CAPEB.
En outre, la lutte contre la concurrence des travailleurs détachés ne va pas assez loin et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement « ne sécurise que très partiellement les employeurs ». Sur le détachement, la CAPEB indique qu'elle milite « pour que les cotisations sociales soient prélevées dans le pays où se font la prestation, les travaux et le chantier, et non dans le pays d’origine. L’European Builders Confederation, dont Patrick Liébus assure la Présidence, plaidera pour une modification en ce sens de la directive européenne à Bruxelles ».
Pour Patrick Liébus, « l’intention est louable et le plan présente de bonnes mesures. Pour autant, nous ne voyons pas dans ce projet l’étoffe d’un Small Business Act à la française, ni un plan de nature à créer un choc de confiance que nous appelons de nos vœux ». Il s'interroge notamment sur la façon dont ces mesures vont être mises en place, à quelle vitesse et avec quels moyens car il y a extrême urgence sur le terrain ? ».
