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Les courtiers en crédit ont fait état d’une poursuite de la remontée des taux en août.
Les principaux intermédiaires ont fait état cette semaine dans leurs baromètres mensuels d’une poursuite du mouvement de remontée des taux de crédit immobilier en août, alors même qu’ils avaient enregistré une nette hausse le mois précédent. La moitié des partenaires bancaires de Meilleurtaux.com ont relevé leurs barèmes en juillet quand les autres les ont laissés inchangés. Ainsi les taux moyens s’affichaient à 2,20% sur 15 ans (+0,15%), 2,45% sur 20 ans (+0,20%) et 2,85% (+0,25%) sur 25 ans. « Nous avons donc assisté à une remontée des moyennes des taux bancaires qui positionne néanmoins toutes les durées y compris le 25 ans sous la barre des 3% et le 20 ans sous la barre des 2,50% » analyse Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com.
La hausse d’août est toutefois moins importante que le mois dernier, selon Emprunt Direct : « ce mouvement reste moins marqué qu’en juillet, l’amplitude étant, pour la plupart des maturités et des qualités de dossiers, de 5 points de base. On notera toutefois une hausse de 10 points de base pour les emprunteurs disposant d’un excellent dossier et souhaitant emprunter sur une durée de 10 ans» précise le courtier. « Nous sommes revenus aux conditions proposées en début d'année 2015», souligne Cécile Roquelaure, directrice de la Communication et des Etudes d'Empruntis.
Surcharge des banques
« Les excellents dossiers ne sont pas non plus épargnés et enregistrent également des hausses identiques, ce qui illustre la surcharge réelle des banques qui même sur les excellents dossiers limitent l’ampleur des décotes» remarque Maël Bernier, Directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com.
Les courtiers font en effet plus que jamais état d’un long traitement des dossiers de financement. « Le phénomène d'engorgement des établissements bancaires ne tend malheureusement pas à se résoudre en cette période estivale et les délais observés pour l'octroi d'un accord bancaire continuent à se rallonger », explique Cécile Roquelaure. « L’acquéreur souhaitant un financement doit absolument intégrer dans son projet un délai de traitement bien plus important qu’il y a quelques mois» renchérit Alban Lacondemine, président d’Emprunt Direct. « Les compromis de vente prévoient des conditions suspensives dont le délai est classiquement de 45 jours. Dans le contexte actuel, afin d'éviter tous risques de dépasser ce délai, nous conseillons vivement aux futurs acheteurs de négocier des délais plus longs, de l'ordre de 60 jours, pour l'obtention de l'accord bancaire » conseille Cécile Roquelaure.
Moindre agressivité commerciale
Les établissements sont, selon les courtiers, moins agressifs commercialement, nombre d’entre eux ayant d’ores et déjà réalisé leurs objectifs sur cette partie d’année. « Ceci leur permet d’optimiser leurs politiques en matière de marges en rehaussant leurs taux, alors même que l’afflux de dossiers au premier semestre a augmenté leur temps de traitement, lequel atteint des records. La sélectivité des banques a, de fait, tendance à augmenter: les banques n’hésitent plus à ne pas prendre en charge certains dossiers» indique Alban Lacondemine, en précisant que les banques privilégient le traitement des dossiers des acquéreurs, plutôt que celui des renégociations.
Pour la rentrée, les intermédiaires ne tablent pas sur une flambée des taux. Selon Sandrine Allonier, Responsable des relations banques chez Vousfinancer.com, « pour le mois de septembre, mois traditionnellement riche en transactions immobilières, les banques devraient proposer des taux attractifs afin de conserver leurs parts de marché et continuer à conquérir une clientèle haut-de-gamme, avant de remonter légèrement leurs taux en fin d’année une fois qu’elles auront atteint, voire dépassé, leurs objectifs ».

