<p>photo CC/ Ork.ch</p>
L'aire urbaine de Lyon et celle de Genève, dont une partie est située en Rhône-Alpes, ne disposent pas du même rayonnement international.
Lyon et Genève sont géographiquement et démographiquement très proches. Mais une étude de l'INSEE Rhône-Alpes a montré que l’intégration transfrontalière demeurait très faible. « Le rayonnement international de Rhône–Alpes s’appuie peu sur les villes de la région lémanique voisine » note l'INSEE Rhône-Alpes.
Pour autant, le tissu économique rhonalpin reste ouvert aux grandes entreprises internationales, avec une forte présence des firmes dans les activités industrielles et scientifiques en Rhône–Alpes. Celles-ci représentent même une part importante dans la production d’énergie et du raffinage, la recherche et développement, les télécommunications ou encore dans l’industrie pharmaceutique. Dans d'autres secteurs, une part de l'emploi est aussi liée à ces firmes, comme dans les produits informatiques, électroniques et optiques, dans l’industrie chimique, mais aussi la fabrication d’équipements électriques ou encore la finance.
Les multinationales très présentes à Lyon et en Rhône-Alpes
Dans les secteurs de l’automobile ou de l’aérospatiale, leur poids ressort particulièrement dans les aires urbaines fonctionnelles de Lyon, Bourg–en–Bresse, Grenoble et Annecy. L'INSEE note que l’activité chimique est internationalisée à Bourg–en–Bresse, Montélimar et Villefranche-sur-Saône, et, dans une moindre mesure, à Grenoble, Chambéry et Lyon. C'est dans les aires de Lyon, Montélimar et Grenoble que les effectifs sont les plus nombreux. « L’emploi de l’industrie pharmaceutique rhônalpine dépend tout particulièrement de firmes multinationales dans les aires urbaines de Chambéry et de Roanne, et dans celles de Lyon et d’Annecy » précise l'intitut statistique.
Le poids de Grenoble est quant à lui important dans les activités numériques, électroniques et scientifiques. Les établissements des entreprises multinationales totalisent plus de 30.000 emplois, soit 74% des 41.000 emplois de ce secteur présents dans l’aire urbaine.
Les liens de Genève plus forts avec l'international
Mais c'est du point de vue de l'intégration capitalistique que Genève est surtout plus tournée vers l'international que Lyon. L’aire urbaine fonctionnelle de Lyon devance celle de Genève en nombre total de liens financiers avec d’autres firmes, avec 4.760 contre 3.680, mais un tiers d’entre eux sont internes à son aire urbaine fonctionnelle. Genève est plus internationale sur les liens de contrôle se avec 85% d'entre eux se situant à cette échelle, contre seulement 26 % pour Lyon. Par ailleurs, on note que davantage d'entreprises à Genève qu’à Lyon dépendent d’entreprises multinationales (75 % contre 17 %).
Genève est en outre peu intégrée au tissu économiques des aires urbaines régionales. La part du transfrontalier est ainsi minime. « Les relations internes à l’ensemble Rhône–Alpes – Arc lémanique représentent en moyenne 38 % de ses liens de contrôle ou de subordination (soit la moyenne européenne), mais la majeure partie de ces liens ont lieu au sein de chaque aire urbaine fonctionnelle. Parmi les autres liens, 8 % ont lieu au sein de la même région (Rhône–Alpes ou Arc lémanique) et seulement 1 % sont transfrontaliers » indique l'INSEE.
Si les villes de l’Arc lémanique privilégient la portée internationale, les villes de la Région ont davantage de liens avec d’autres villes françaises. Malgré une distance plus importante, Lyon est ainsi plus dépendante de Paris que de la ville suisse.« Les entreprises parisiennes représentent 40 % des maisons–mères des filiales rhônalpines, mais seulement 5 % des investissements réalisés depuis les villes de Rhône–Alpes le sont dans l’aire urbaine fonctionnelle de Paris. Genève, Lausanne et Vevey ont surtout des liens avec les villes européennes»
