<p>(SDH/LPI)</p>
L’ensemble des intermédiaires en crédit à l’habitat ont, ces derniers jours, réagi à la forte hausse des taux constatée sur les marchés obligataires.
Les taux de l’OAT 10 ans sont en nette hausse depuis les élections américaines, comme nous l’avions souligné au lendemain de la victoire de Donald Trump. Depuis, les intermédiaires en crédit immobilier s’activent et communiquent, en annonçant de futures hausses de taux.
Il faut dire que les anticipations d’inflation sont clairement reparties à la hausse sur les marchés obligataires, provoquant une envolée des taux des dettes d’Etat sur le marché secondaire. Les taux de l’OAT 10 ans sont en effet remontés de 0.46% avant la présidentielle américaine à 0.74% ce jeudi.
Ces mouvements sur les marchés de taux laissent entrevoir des évolutions en matière de crédit immobilier. « La crainte d’une politique plus inflationniste a fait remonter les taux aux Etats-Unis, entrainant dans sa foulée les taux européens. Depuis le jour de l’élection, les taux de l’OAT 10 ans ainsi pris plus de 40 points de base. Ce mouvement de hausse, longtemps attendu, se matérialise aujourd’hui. On peut désormais l’affirmer : l’ère de taux inéluctablement baissiers est révolue » indiquait ainsi, il y a quelques jours, Alban Lacondemine, président d'Emprunt Direct.
« Les banques relèveront leurs taux »
Les courtiers annoncent donc la hausse des taux, à l’image de Cafpi, qui anticipe un mouvement généralisé des grilles. « Les banques l’ont dit, courant novembre elles relèveront leurs taux », prévoit Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de CAFPI, qui précise que si les volumes de crédits souscrits cette année ont permis aux banques de remplir leurs objectifs, la hausse des OAT les fragilise.
Alban Lacondemine évoque lui aussi les objectifs réalisés par les banques, un élément de nature à se traduire dans les prochaines semaines par un relâchement. « Nous arrivons (…) à la fin du deuxième temps fort habitat. Ainsi, il y a de fortes chances que les prochaines grilles se traduisent par une hausse prononcée des taux de crédit, ce qui serait un mouvement inédit depuis le début du deuxième semestre 2015 » prédit le courtier.
Quelle amplitude pour la hausse ?
Reste à savoir de quelle ampleur sera cette hausse appliquée par les banques. Pour Cafpi, elle pourrait être assez forte : « afin de préserver leurs marges, elles se trouvent donc contraintes d’augmenter leur taux, même si cette hausse devrait rester assez faible, pour atteindre +0,5% d’ici la fin de l’année » table l’intermédiaire. Ce qui n’est pas l’avis d’autres professionnels, comme Maël Bernier, Directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com : « avec la hausse des OAT, les sirènes alarmistes affirment prématurément des ‘hausses générales’ sur les barèmes des banques avec une augmentation de 0.15%. « Force est de constater qu’à ce jour, aucune hausse n’a été identifiée et aucun barème bancaire national haussier ne nous est parvenu ». « Il faudra effectivement observer l’attitude des banques dans les semaines qui viennent et l’évolution des OAT, mais ne crions pas trop vite au loup ! », ajoute-t-elle.
Les récents mouvements plaident toutefois, pour d’autres intermédiaires, en faveur d’une hausse, qui pourrait néanmoins être mesurée. « Si les taux de référence se maintiennent à ce niveau-là, il est indéniable que les banques remonteront leurs taux de crédit… Toutefois elles pourraient le faire dans de moindres proportions, le niveau convenable de leurs marges leur laissant la latitude de ne répercuter que partiellement et progressivement ces hausses de taux » prévoit ainsi Sandrine Allonier, responsable des relations banques de Vousfinancer.
