<p>Le chantier du programme "Pois de Senteur" (SDH/LPI)</p>
La fédération française du bâtiment a fait mercredi matin un point trimestriel plutôt positif concernant l’activité dans le secteur.
Après une année 2015 marquée par la destruction de 35.000 emplois et une année 2016 marquée par une stabilité des effectifs, l’année 2017 devrait être celle de la création d’emploi dans le bâtiment. C’est en substance le message délivré par Jacques Chanut le président de la fédération française du bâtiment.
« Si, la croissance se maintient et si l’environnement institutionnel reste favorable, la création d’emploi dans notre secteur sera bien au rendez-vous en 2017 » a indiqué la fédération. L’activité est notamment tirée par la construction neuve, les mises en chantier s’affichant en nette hausse. « Compte tenu de ces éléments, nous maintenons nos prévisions pour 2017, soit une hausse d’activité de 3,4 % en volume tirée par le neuf et une reprise à + 0,9 % de l’emploi, soit 10 000 postes de plus en solde net » a indiqué la FFB.
Deux risques pour 2017
L’amélioration entretien est, pour sa part, un peu plus à la peine. « De fait, le segment de l’amélioration-entretien reste à la peine. La faible évolution des prix de marché, soit + 0,7 % en 2016 et + 0,9 % en glissement annuel sur le dernier trimestre, tout comme l’effondrement des travaux avant relocation pour le segment du locatif privé, ne laissent guère percevoir d’amélioration dans l’immédiat » notent les professionnels. Pourtant, les dispositifs de soutien existent et la rapide reprise des transactions dans l’ancien depuis la fin 2014 laissaient espérer mieux. Il est donc, selon la fédération, nécessaire « de recalibrer et d’amplifier les dispositifs d’incitation existants ».
Dans cet environnement plutôt positif, la fédération note deux risques, à savoir la hausse des taux d’intérêt et la présidentielle. Concernant les taux, si ceux-ci sont en hausse depuis la fin 2016, « mais à un rythme très contenu ». « De fait, la hausse affecte à ce jour les taux d’emprunt d’État, sans réelle répercussion sur les taux clients des établissements de crédit et personne n’anticipe, à ce jour, de réelle accélération à l’horizon de la fin 2017… sauf coup de tabac » affirme l’organisation.
La FFB veut un débat sur le logement
Concernant la présidentielle, la FFB note trois autres points oubliés du débat. Tout d’abord celui de de la simplification, thème sur lequel les candidats font preuve d’« une grande frilosité ». « C’est un défi qu’il nous faut relever, y compris à la FFB, d’autant plus important que l’accumulation des règles et normes, en rehaussant prix et coûts, élimine du marché une partie de la clientèle ». La FFB évoque ensuite la transition énergétique. « Le parc a crû de 25 % depuis 1990, alors que les consommations et les émissions de gaz à effet de serre restaient stables », rappelle la FFB. « Là où le bât blesse, c’est que la rénovation énergétique ne progresse que faiblement. Si l’on veut atteindre les objectifs fixés dans le cadre de la stratégie bas carbone, il faut changer de braquet ».
Enfin sur le front des finances publiques, le budget du logement est également évoqué. Avec ces 42 milliards d’aide, celui-ci fait l’objet de toutes les supputations, de toutes les attaques qui sont, selon la FFB, « injustifiées ». « Car, à court terme, pour nous, l’essentiel n’est pas là. Dans l’hypothèse d’une politique hardie de redressement des comptes publics, à quelle hauteur et dans quel domaine ce budget sera-t-il affecté ? Il faut que, sur ces questions, un vrai débat s’ouvre avant les élections. C’est une exigence démocratique » affirme la FFB, qui s’insurge également contre la proposition d’un ISF immobilier. « Le monde de la construction est choqué que l’immobilier soit assimilé à une rente improductive. Un tel raisonnement est erroné et conduira à un désastre » indique la fédération.
